Concert - Matthieu Bouchet
Du 5 au 15 Avril, Matthieu Bouchet s’est installé au TNT (Terrain Neutre Théâtre), petite salle de spectacle nantaise (d’environ 50 places), vraiment agréable et conviviale.
Samedi 9 Avril, nous décidons donc d’aller voir le sieur Bouchet. A notre arrivée, Matthieu et ses 5 musiciens (que je présenterai plus tard), sont accoudés au bar et saluent les spectateurs.
Nous prenons place. Les instruments attendent bien sagement sur scène, qu’on vienne les titiller. La guitare classique de Matthieu trône fièrement en plein milieu.
21h et des poussières, Matthieu entre seul sur scène, sous des applaudissements encore timides. Il salue le public de la main, sourire « crispé-niais » (c’est fait exprès !), et entame le premier morceau « Carte Postale 1 » (extrait de son 2ème album « Des Fleurs Pour La Patronne »), l’histoire d’un « voyage-gnagnan », gagné à un jeu télévisé… ce voyage est tellement chiant, que la conclusion de l’histoire est « maintenant tu vois, j’en suis sûr, j’aurai dû choisir la voiture » !
Avant d’entamer le second morceau, Matthieu nous présente une partie de ses musiciens : « Pour ce spectacle, je voulais les meilleurs… mais ils n’étaient pas libres. Je vous demande quand même d’applaudir Sarah Kadiou à la flûte traversière et Vincent Jeffroy à la trompette. Ah oui, et comme un malheur n’arrive jamais seul, Sylvain Grolleau à la contrebasse. ». Ça commence bien !
Tout le spectacle est basé sur la mauvaise foi de Matthieu (feintée bien sûr !), face à ses musiciens, qui ne se laissent pas faire… ça donne de belles engueulades et foutage de gueule à tout va !
Nous avons ensuite le plaisir d’écouter « La Fin Tragique Du Grand Vacarme ». A mon grand regret, ça sera le seul et unique morceau extrait du 1er album de Matthieu (également intitulé « La Fin Tragique Du Grand Vacarme », album live, enregistré dans cette même salle, le TNT). C’est sûr cette chanson que nous ferons connaissance avec les « voix-off », très présentes dans le spectacle, sous forme de « dialogue-engueulade » avec Matthieu !
Les Voix-off se plaisent à ridiculiser Matthieu, qui réagit au quart de tour, le plus souvent comme un gamin. Drôlissime ! De toute façon, c’est bien simple, on rigole du début à la fin du concert !
Viennent ensuite « Dans Mon Piano », « Embrasse-moi » et « Le Vieux Temps ».
Puis « James Bond », où Matthieu se la joue 007, et finit avec une chiasse d’enfer à cause des Martini-Vodka !
Helena (violoncelliste et chanteuse) rejoint le groupe pour interpréter « Mon Parfait Défunt » (ah et pis j’ai oublié Régis, l’autre voix-off, qui, si l’on se réfère aux « Nuls », porte très bien son prénom ! Régis, donc, à la guitare folk et au chant.). Donc, « Mon Parfait Défunt », chanson, on ne peut plus cynique, d’une femme ayant organisé la mort de son mari, et se moquant de lui lors de ses funérailles. Nouvelle Pique à Matthieu : « Mon pauvre amour, tu te verrais, dans ton trois pièces à rayures, on dirait Matthieu Bouchet, la connerie en moins bien sûr ! »…
Puis, place à « une purge auditive », comme le dit Matthieu, morceau instrumental… sauf que là, le public entend les pensées des musiciens ! « C’est partit, on va se faire chier » ; « Oh ! Je ne me suis épilé que la jambe gauche » ; « j’ai lu qu’il y avait une chance sur un million pour que ce soir, le plafond tombe sur la gueule du public. Je vais leur sourire, c’est peut être leur dernier concert » ; « enfin mon solo ! Ça mesdemoiselles, c’est pour vous, c’est du Bouchet »…
Le groupe nous présente ensuite une reprise de « Billie Jean »… version… bah version Bouchet ! A la fois talentueuse et ridicule !
Régis essaie ensuite de nous réciter un poème d’amour « Ma Mie » : « Ma mie, comme mon amie, pas comme la femelle du grand-père », nous précise-t-il ! C’est un bon concept de nous interpréter un poème d’amour… mais ponctué des interventions grasses et grossières de Matthieu, ainsi que des imitations d’animaux de basse-cour par le reste du groupe, ça perd tout son charme !!! De toute façon, Régis ne pourra pas finir son poème, car il sera interrompu par un concours d’ombres chinoises par les membres du groupe !
Pour continuer dans le registre amoureux, Matthieu se fait séducteur, en s’adressant à une femme du public : « Pour toi »… il se la pète avec un solo de guitare, sans quitter des yeux la demoiselle en question, léchant langoureusement le manche de sa guitare…
Il essaie ensuite de nous apprendre « La Brouette Japonaise »… très… euh… « exotique », comme il le dit lui-même ! Chanson où il raconte ses tentatives laborieuses de cette position, qui se conclura par le montage d’une étagère, pour apaiser les tensions !
Et puis viens « Ventoline » ! En introduction, Matthieu nous montre son postérieur en imitant le cri de la mouette, se fume une cigarette et l’écrase sur la guitare de Régis !
« Ventoline », c’est l’histoire d’une conquête (imaginaire !) de Matthieu, qui s’appelle Ventoline, donc, rencontrée dans un bois, alors que Matthieu y courait tout nu ! C’est du grand n’importe quoi… (donc j’adore !!!), Matthieu court et saute partout, tout en nous contant ses exploits avec Ventoline : « nous avons fait l’amour une bonne vingtaine de f… » … « de secondes ! » clame le reste du groupe, afin de rétablir la vérité et de clouer le bec à cette « grande gueule » de Matthieu ! En bref, Ventoline a de tous petits tétons, et Matthieu « lui pisse autour pour marquer son territoire » ! Le morceau se termine par un solo de Matthieu à l’harmonica … sauf qu’il ne sait pas en jouer ! C’était à mourir de rire car il s’y croyait vraiment ! Sauf que ça a fait fuir le reste du groupe ! « J’m’en fous, j’ai commencé tout seul, c’est comme ça que je finirai ! » leur crie Matthieu !
Et le concert se finit par « Carte Postale 2 », la version inversée de « Carte Postale 1 », Matthieu a choisi la voiture au jeu télévisé, et se retrouve en prison car « un soir de connerie euphorique, lancé à 150 à l’heure, pour venir faucher un branleur en sortant du périphérique (…) j’aurai du choisir le voyage ! ».
Pour finir bien comme il faut, très joli rappel : une chanson de Brel « Knokke-le-Zoute », que Régis chante à Merveille, avec une telle intensité que ça prend aux tripes, vraiment.
Voilà ! Le spectacle est fini ! Matthieu reprend sa place au bar et souhaite une bonne soirée aux personnes qui partent et boit un verre avec celles qui restent !
Matthieu Bouchet, c’est donc, vous l’aurez compris, un jeune nantais bourré de talent qui gagne à être connu ! Misogyne, prétentieux, exécrable, le personnage a tous les défauts du monde, mais n’en est pas moins attachant et adorable !
Et si vous vous demandez pourquoi mon récit est aussi détaillé (et long ! Oui, je sais, mais je n’ai pas pu faire plus court ! Et encore, je ne vous ai pas tout raconté !), ce n’est pas parce que j’ai bonne mémoire, mais parce que ça m’a tellement plu que j’y suis retournée 4 jours après !
http://matthieu.bouchet.220v.org/