Bienvenue à tous dans le vingt et unième siècle où les hommes politiques mentent, les médias manipulent et où la justice n’est pas infaillible. Un terrain bien préparé pour les générations futures qui ont d’ailleurs tant à leurs dispositions pour s’épanouir : jeux vidéos violents, programmes abrutissants et poupées avec string à paillettes. Dire qu’à l’instant même où vous lisez ces mots, des milliers de nouveaux nés découvrent le monde dans un doux braillement. L’heure est grave : il nous faut les préserver. Mais comment ?
Inutile de se demander où est le vrai danger, c’est la télévision qui pervertit les âmes de nos bambins. C’est donc de ce terrible divertissement qu’il faut les éloigner ! Elle est un fléau pour les jeunes : sexe, drogue, ils n’ont qu’à zapper pour accéder aux informations. Parfois même à leur insu ! La plupart des moins de vingt ans passent la plus grande partie de leurs loisirs devant leur poste et ce dès leur plus tendre enfance. Ce dernier est pourtant loin d’être en mesure de les faire évoluer : les émissions se dégradent et exigent de moins en moins du téléspectateur. Par ailleurs, il est de plus en plus difficile d’éduquer les jeunes puisque la télévision les coupe de la vie sociale et dépeint un monde qui n’est pas réel et qui banalise la haine. Une honte ! Comment, alors, communiquer avec des enfants qui ne respectent plus rien ? Un problème qui inquiète les parents, démunis devant ce phénomène, tous se demandent que faire… Heureusement, ils peuvent se détendre : Jean-Luc Delarue est là pour leur fournir les réponses…
Et il est là le vrai problème : comment les enfants ne pourraient-ils pas apporter de crédit à l’objet qui semble être la bible de leurs parents ? Il y a là un effet de télévision passive, même principe que pour le tabac ; cible un : les adultes, cible deux : leurs progénitures. Ainsi tout le monde est accroc ! La télévision est devenu un véritable fait de société qui touche tout le monde, sans exception. On ne se couche plus à 22h puisqu’il y a des secondes parties de soirée, on veille tard et on s’informe. Car c’est à priori là le but premier des médias : nous informer. Seulement qu’est-ce qu’une information ? Peut-on vraiment s’y fier ? Lorsqu’une mère passe plus de quatre heures par jours à s’instruire sur son rôle de maman, combien en passe-t-elle avec ses enfants ? Les émissions qui apprennent à devenir parents font bien plus d’audience que celles qui apprennent à faire une ratatouille*. Elles se prétendent toutes de bons conseils et ont légèrement tendance à rendre les parents paranoïaques. Ainsi ne dites plus à votre fille : « Ne parles pas aux étrangers », mais : « Ne suis pas des proxénètes d’Europe de l’Est et ne signe aucun contrat incitant au racolage. ». Le dialogue s’en trouve infiniment amélioré ! Et si vous avez un problème ? La TV vous fournit de bons petits reportages avec une réponse. « Mon fils reste toutes ses journées devant la télévision, pour remédier à ce problème je vais moi-même y passer la soirée. ». Voici l’ère du prémaché où l’on n’est jamais mieux servi que par les autres. Pourquoi chercher une solution si on nous la donne ? Le plus grand souci de notre époque semble donc être celui de la réflexion, nous ne pensons plus par nous-mêmes. Un bon plat cuisiné ne vaudra pourtant jamais une bonne bouffe maison et il en est de même pour l’éducation… Face à un obstacle, on peut parfois sauter sans trampoline.
L’ampleur des dégâts ne cesse d’augmenter. Optons pour l’adoption de mesures plus ou moins radicales. Eloignons les plus malléables de l’horrible boîte à image parlante, privons les parents de télévision, pour le bien de la nouvelle génération !
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* Mélange de légumes cuits.
Engy (agrégée en bonne parole, adepte du mouvement de liberation des neurones)
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