Cinéma : Les Bronzés
La gazette n°12 | 1er Août 2005 | Lu 6475 fois | 9 Commentaires
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L'été, le soleil, un club de vacances, les animations foireuses d'un GO, des GM dépassés... Retour avec Capucine sur un phénomène de la comédie française au cinéma.
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Les Bronzés: y a du soleil et des nanas !!!!!!



Qui n’a pas rêvé de se faire draguer par Jean Claude Dusse ? De porter le slip de bain de Christian Clavier ? De céder au bras du beau Popeye ? Ou de passer une nuit avec une charmante Christiane aux sanitaires ?
27 ans après sa sortie, "les bronzés" est resté la référence du cinéma comique français. Je vous souhaite la bienvenue à Galaswinda !





Les raisons d’un succès :
La troupe de théâtre du Splendid composée de Christian Clavier, Dominique Lavanant, Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte et Michel Blanc a en quelques sortes fait une petite révolution au cinéma grâce à un humour inédit qui tranchait avec l’accumulation des mots d’esprit façon Audiard, et dont l’acidité ancrée dans les mœurs faisait naître de vraies satyres sociales.
« Les bronzés » va d’abord naître sur les planches. En effet, la troupe du Splendid va remporter un franc succès grâce à sa pièce de théâtre "amours, coquillages et crustacés".
« Cette troupe et ses spectateurs avaient le même âge, riaient des mêmes situations, partageaient les mêmes colères contre les médiocrités contemporaines » écrit Patrice Leconte pour expliquer le succès de la pièce, une satire des français moyens et de l’esprit camp de vacances qui connaissait, à l’époque, un considérable essor. Il faut dire que la troupe avait été engagée pour animer en été, un club Med durant trois ans. Chacun a ainsi pu puiser dans son expérience ou son observation pour faire naître cette galerie de personnages. Le producteur Yves Rousset-Rouard va être l’homme qui va penser à une éventuelle adaptation cinématographique, tandis qu’un certain Patrice Leconte, un ami de la bande, se propose d’être le réalisateur de ce que va devenir « les bronzés »!
Et ça marche… le public se précipite dans les salles, Le Splendid explose la reconnaissance strictement parisienne qui était jusqu'ici la sienne pour faire plus de 2,3 millions d'entrées.
Echauffé par les 35 degrés à l’ombre, le producteur qui voit déjà dans le film un véritable succès, commence à parler d’une éventuelle suite au film. Tout les membres de l’équipe qui n’ont jamais écrit de suite pour la scène refuse. Finalement la sortie du film le 22 novembre 1978, suscite un tel enthousiasme qu’il devient évident de poursuivre l’aventure. Cette fois pas de détours sur les planches, les bronzés font du ski est exclusivement écrit pour le cinéma.



L’histoire :
Bien sûr tout le monde la connaît!! Il s’agit bien évidemment de suive les aventures d’une dizaine de parisiens venus se reposer dans un Club Med en côte d’Ivoire. Nouvelles rencontres, liaisons momentanées, soirées à thèmes, jeux stupides, petits et grands drames seront au programme...



Les personnages :
On a parfois du mal à décider lequel des Bronzés nous ressemblent le plus… Voici la liste des personnages pour vous aider à vous reconnaître…




Popeye (Thierry Lhermitte) : L’esprit « club » colle parfaitement à son caractère. Enfin, qu’est ce qui ira mieux à Popeye, bronzé et dragueur, que « y a du soleil et du nana, on va s’en fourrer jusque là dadadirladada ». En effet, son job lui laisse assez de temps pour qu’il s’adonne à son passe temps favori: emballer les filles. Il a tout ce qui faut là ou il faut. Dommage qu’il porte des slips kangourous aussi moches.
Caractéristique: a passé la barre des deux tonnes de gonzesses!
Il a dit : « tu sais que ça doit bien tirer une grande cheminée comme ça! »




Jean Claude Dusse (Michel Blanc) :
La passion de Jean Claude, c’est les femmes : malheureusement, ce gringalet attachant ne ramène jamais rien, il faut dire que son physique de petit chauve maigrichon à la peau blanche qui ne bronze pas ne lui facilite pas les choses. Mais ses râteaux chroniques ne sont pas les seuls à gâcher ses vacances: il a aussi perdu sa valise (avec son pyjama dedans), a bousillé son appareil photo, ne supporte pas le soleil, ni les moustiques. Heureusement pour lui, au moment de partir, il décide de prolonger ses vacances, car il croit avoir « une ouverture ». L’essentiel c’est d’y croire…
Caractéristique: sur le point de conclure (c’est juste une question de temps)
Il a dit: «je vais me faire rapatrier par Europe Assistance, ça va pas faire un pli, tu vas voir »




Christiane (Dominique Lavanant) : esthéticienne et fidèle au club elle ne se sépare jamais de ses 150 pots de crème differents. Elle est un peu le double féminin de Jean Claude Dusse, elle ne parviendra pas à conclure, même si « ça a failli! ». Elle reste comme une roue de secours pour les mecs qui n’auraient personne avec qui… euh… passer la soirée! Assez douée pour glisser une saucisse dans une bouteille, elle l’est moins pour les sports nautiques (« je nage comme un fer à repasser! »
Caractéristique: Ne prend pas la pillule et n'est pas une fille facile!
Elle a dit: « il a un malaise le peignoir !! »




Jérôme (Christian Clavier) : il est médecin, son atout séduction: son maillot de bain à poils apparents et son string panthère. Il est également très snobinard, il ne supporte pas de perdre au ping pong en accusant la table d’être la cause de sa défaite: « ah ben oui! Elle a pris le soleil là! Y a un faux rebond ».
Caractéristique: poète en string ou mini-slip.
Il a dit: "Azur… sans l’ombre d’un cri… »




Gigi (Marie Anne Chazel) : c’est la première fois qu’elle vient au club. Gentille allumeuse, Gigi a toute la panoplie de la femme enfant tendance cucu la praline: une voix fluette (désagréble même), un maillot de bain rose, des couettes blondes et ses fameuses lunettes jaunes en forme de cœur! Elle rêve du prince charmant: « très distingué, genre Paul Newman, avec les tempes légèrement dégarnies». Mais derrière la nunuche qui sommeille en elle, se trouve une battante, capable de latter un Jean Claude Dusse au karaté.
Caractéristique: Gigi est toujours ravie surtout en mini short en jeans…
Elle a dit: « je ne pratique que la nage indienne »




Bernard(Gérard Jugnot) : avec Nathalie, il forme le seul couple marié de la « bande ». Son problème, c’est qu’il s’est emmêlé les pinceaux dans la révolution sexuelle, il se vante de former un couple libre, mais part se consoler avec d’autres plus par désespoir que par envie, alors que sa femme cède aux beaux bras musclés de Popeye.
Caractéristique: n’a pas fait de planning (alors wait and see)
Il a dit: « t’inquiète pas Gigi c’est uniquement sexuel entre nous! »




Nathalie (Josiane Balasko) : être la femme de Bernard, visiblement ça lui pèse, alors elle est venue au club pour se distraire. Comme son mari, elle a du mal à assumer les infidélités de celui-ci, sans qu’elle ne se prive d’aller voir ailleurs… Lorsqu’elle se trouve avec un homme Nathalie n’y va pas de mains mortes: « tu devrais changer de slip » lance t elle à Popeye, elle n’hésite pas non plus à casser un moment de poésie avec Jérôme en lui rétorquant: « tu te mets toujours les fesses à l’air pour citer saint John Perse ? ».
Caractéristique: a des adresses pour de très jolis cendriers en rotin.
Elle a dit: « le premier arrivé au ponton fais un enfant à l’autre! »




Bourseault (Michel Creton) : Pendant une semaine, il est la star du club avec ses bip bip, malheureusement son succès est de courte durée. Voilà qu’en sautant du bateau, il se fait piquer par une raie. Sa mort casse complètement le ton du film, drôle de choix de la part des scénaristes de donner une note aussi sombre au film…
Caractéristique: comique au costard blanc ou avec un slip de bain sur la tête.
Sa phrase: « Bip Bip!!!!!!! Meeeh»




Bobo (Luis Rego) :
Il anime les soirées thématiques du club et n’a aucun sens du ridicule. Parce que ce qu’il aime Bobo c’est l’humour, il est d’ailleurs un fervent amateur des sketchs de Bourseault !
Caractéristique: comique ringard à la valise.
Il a dit : « cela dit on me confond souvent avec Fernandel »





Le succès du film est surtout dû à deux choses : au talent des acteurs qui sont tellement criants de vérités dans leur rôle de « beaufs » en effet, il y a sous la loupe de la caricature beaucoup de vérité, de dérision et de talent. Aussi, le spectateur est également porté par le film grâce à des dialogues savoureux avec quelques phrases cultes! Ce film est un véritable joyaux pour le cinéma français. En espérant retrouver ce même état d’esprit le 1er février 2006, à la sortie du numéro 3: « les bronzés: amis pour la vie ». Revoir les personnages 27 ans après, forcement ça met l’eau à la bouche…