The John Butler Trio
Véritable phénomène en Australie, The John Butler Trio arrive en France avec son troisième album "Sunrise Over Sea". Accompagné par Shannon Birchall, véritable génie de la contrebasse, et Michael Barker aux percussions, John Butler nous livre un album imprégné de balades folks, de mélodies pop-rock, de bon gros blues. Mais avant toute chose, faisons un bref rappel des forces en présence...
John Butler : Chant, guitares, banjo, ...
John Butler voit le jour en 1975 de parents australiens. Ils vivent en Californie mais retournent en Australie quand John atteint ses 9 années. Il a 16 ans quand il commence à jouer de la guitare, entame des études d'arts et décide finalement de tout arrêter et de jouer dans les rues de Fremantle. Il se fait engager pour jouer régulièrement au Mojo's Bar où il va rencontrer Phil Stevens, le manager actuel de JBT. Jouant pour son compte dans un premier temps, il peaufine sa musique avec d'autres musiciens. Le John Butler Trio se forme, c'est le début d'une ascension fulgurante.
Deux albums auto-produits (The John Butler Trio et Three) et quelques changements de musiciens plus tard , le groupe est devenu un véritable phénomène en Australie, se produit dans les plus grandes salles du pays et a raflé récemment 3 victoires de la musique lors des ARIA's, la cérémonie annuelle récompensant les talents australiens.
Militant écologiste à temps complet, il participe à de multiples manifestations et ses textes donnent la part belle à l’écologie et la préservation de l’environnement, ou critiquent la mondialisation galopante. Une partie de ses forums (anglais et français) est réservée à la rubrique Mother Earth, destinée à « donner des nouvelles importantes concernant les campagnes pour environnement, poster des articles relatants des affaires en cours ou tout simplement parler d'autres communautés qui méritent d'être mises en avant ».
Il est marié depuis 2002, et est papa d'une petite fille nommée Banjo. Ils vivent aux alentours de Byron Bay ainsi qu'à Melbourne.
Shannon Birchall : Contrebasse, basse, violon
Shannon Birchall a débuté la musique en travaillant le violon puis la contrebasse à l'âge de 15 ans. Il est diplômé d'une école d'arts et a joué avec l'orchestre symphonique de Melbourne, d'Adélaïde et de Tasmanie. Il est logiquement devenu un des meilleurs joueur de basse de Jazz et de rock d'Australie, vit à Melbourne et a signé son appartenance au trio en 2003. Une sorte de Vincent Segal australien à la contrebasse…
Michael Barker : Batterie, percussions
Michael Barker est néo-zélandais, c'est le dernier arrivé dans le groupe. Il a remplacé au pied levé Nicky Bomba, batteur « intérimaire » sur l'album, ami et beau-frère de John, qui ne pouvait faire la tournée nationale démarrée en juillet 2003 du dernier album studio, étant occupé avec son propre groupe.
Plus tard cette année-là et en 2004, les derniers arrangements studios de l'album « Sunrise Over Sea » ont été complétés par Michael qui y a ajouté des percussions à la plupart des titres et a été crédité pour son travail. Il est le batteur officiel du JTB depuis août 2003. Lui aussi vit à Melbourne…
Maintenant que les présentations sont faites, passons à l’œuvre de ces messieurs. Avoir gagné 3 victoires de la musique australienne n’est pas un acte innocent surtout pour un groupe auto-produit et un chanteur/compositeur indépendant. Intéressons-nous donc au dernier album du trio :
Sunrise Over Sea.
Tout d’abord, posons un œil sur la pochette de l’album. Objet cartonné faussement vieilli, elle est d’une rare efficacité. On y voit John Butler, dreadlocks et pantalon baggy, assis dans un studio, sa guitare électro-acoustique à 13 cordes sur les genoux, et sous ses pieds, une multitude de pédales d’effets.
On perçoit déjà la musique qui peut ressortir d’un tel mélange. L’intérieur de la pochette réserve deux autres surprises : une collection de petites photos prises sûrement pendant l’enregistrement de l’album, et un livret magnifique. Ce dernier rassemble les paroles des différentes chansons de l’album, mais son intérêt réside dans l’écriture manuscrite de ces textes. Ecrite de la main de John Butler, chaque page comporte le texte d’une chanson et un dessin en rapport avec ce texte. L’effet est immédiat, ce livret ressemble plus à un livret de recueil qu’à une pochette de cd. Sans fioritures, ni graphismes ultra poussés, l’ensemble respire la simplicité ; on a presque l’impression d’accéder à un exemplaire unique de l’album.

Paroles de Zebra et Oldman Laissons la pochette ouverte et mettons le cd dans le lecteur.
Dès la première chanson,
Treat Yo Mama, on pense à
Ben Harper et son album
Burn to shine. La guitare
Lapsteel est tout simplement envoûtante, et l’ensemble reste assez rock & folk. On perçoit déjà le talent de John Butler, véritable génie de la guitare. Les notes glissent, sautent, rebondissent sans s’arrêter ! Le texte milite pour plus de respect envers la Terre.
La suivante, beaucoup plus calme,
Peaches & Cream débute avec une guitare à 6 cordes. La mélodie légèrement tristounette est simple, efficace ; la voix de John Butler, un brin tiraillée se pose parfaitement sur les notes qui ondulent. La contrebasse et une batterie restreinte viendront accompagner la guitare pour conclure cette belle balade en hommage à sa femme.
Viennent ensuite
Company Skin et
Betterman, morceaux qui reprennent l’esprit du premier morceau.
L’écoute prend de l’ampleur avec
What You Want qui conjugue violons, guitare électro-acoustique à 11 cordes, contrebasse jouée en pizzicato (avec les doigts) et des percussions. Là encore on pense à
Ben Harper, plus particulièrement à sa chanson
Power of the Gospel grâce à la présence des violons, mais ce morceau reste plus rock que celle de M. Harper. Mais c’est la fin du titre qui saisit l’attention, où après un semblant de désordre musical, tous les instruments s’accordent dans une montée en puissance accompagnés par les plaintes du chanteur, magique !
Pour reposer nos oreilles des 20 magnifiques secondes qui viennent de passer, John Butler accompagné d’un simple banjo, entame une très belle balade aux frontières de la country australienne,
Damned To Hell.
Hello nous parle ensuite des drogues et de leurs effets sur l’amitié, dans un style que l’on commence à reconnaître.
L’écoute se poursuit avec
Bound To Ramble, un des plus beaux titres de l’album selon moi. C’est sur ce morceau que commencent certains concerts du JBT. Au début, on retrouve un banjo jouant un arpège et une contrebasse jouant une unique note en continu, l’ensemble est noir mais plein de poésie. La contrebasse commence à entamer une mélodie que reprend le banjo, la batterie s’immisce dans ce dialogue, l’ensemble prend de l’ampleur et emmène l’auditeur très très loin !
Mais on reste haut dans les airs avec
Seeing Angels, morceau dédié à sa fille et sa femme. Le refrain est l’occasion d’entendre le talent de John Butler au banjo, les notes fusent, se chevauchent, se mêlent ! Et sa voix finit de nous transporter…
Le calme retrouvé à la fin du morceau nous permet de passer dans un tout autre registre.
There’ll Come A Time est un titre qui bouge beaucoup plus que les autres ! Mais c’est aussi un texte qui insiste sur le manque de respect des humains vis-à-vis de la Terre. La batterie tape un rythme endiablé et la guitare semble possédée tellement elle est rapide et agressive. Un titre militant et engagé !
C’est à ce moment qu’arrive
Zebra, single qui débarque tout fraichement d’Australie en France. La ligne de basse est un véritable gimmick, funky au possible ! La batterie prend ses aises et la guitare est là pour accompagner la voix du chanteur, le tout respire « un grand moment de folie » ! On se prend même au jeu d’accompagner les chœurs pour le gimmick … Papapalala palapala papapalala palapalapalapala !
Et John Butler reprend sa guitare à 6 cordes pour interpréter
Mist. Titre sans paroles à l’ambiance mystérieuse, mais la guitare est fabuleuse. On reste bouche bée devant la maîtrise du musicien, les bends s’enchaînent dans tous les sens, les notes virevoltent sans cesse, le rythme change et revient plus agressif. La caisse claire se fait entendre et marque le pas, la guitare ne s’arrête pas de lancer ses notes à tout va… The John Butler Trio part en guerre.
Oldman semble apporter des mots sur la chanson précédente, l’histoire d’un vieil homme qui a connu la Seconde Guerre mondiale, la chute du mur de Berlin, le premier homme sur la lune… mais qui, à la vue de ce qui se passe à travers le monde et se sentant vieillir, a l’impression de goûter une des dernières fois à la liberté.
Enfin, l’album se termine par
Sometimes, morceau à l’apparence poétique où la guitare et la contrebasse accompagne un texte assez mystérieux dont la traduction m’échappe un peu (il est question d’une vérité qui blesse, d’une personne qui devrait suivre son cœur plutôt que l’avis d’autres personnes…). Encore une fois, un changement de rythme opère à la moitié du morceau, rendant le titre plus rock, plus mordant. Une longue session instrumentale finit donc ce morceau et l’album, comme le bouquet final d’un magnifique feu d’artifice…
Après cette écoute, une seule envie : voir le trio en concert! Et ça tombe bien, ils sont en tournée en France du 8 au 18 octobre prochain. Toutes ses dates de concert sont à consulter sur son site web. Ce dernier étant particulièrement complet, puisqu’on y retrouve une discographie, des photos, des tablatures ou encore les textes du JBT. On peut même télécharger gratuitement des concerts entiers à partir de 2001 !! Véritable caverne d’Ali Baba, on y retrouve plus de 80 de leurs concerts en libre accès ! Le dernier datant de janvier 2005, concert « Wave Aid » organisé suite au tsunami en Indonésie regroupant Siverchair, Midnight Oil, Powder Finger etc… Que demander de mieux pour découvrir un artiste ?!
A voir aussi le site français du groupe, un peu moins complet mais plus joli visuellement.
Voilà c’était mon gros coup de cœur de l'été! Je vous incite vraiment à découvrir ce groupe, à écouter cet album, et à aller les applaudir en concert! Vous ne serez vraiment pas déçus du voyage...
The John Butler Trio – Sunrise Over Sea 1. Treat Yo Mama - 4.47
2. Peaches & Cream - 6.47
3. Betterman - 3.44
4. Company Sin - 4.39
5. What You Want - 5.21
6. Damned To Hell - 1.49
7. Hello - 4.26
8. Bound To Ramble - 6.08
9. Seeing Angels - 6.14
10. There'll Come a Time - 3.36
11. Zebra - 3.57
12. Mist - 2.25
13. Oldman 5.10
14. Sometimes 10.37
Discographie Albums :
Sunrise Over Sea [2004],
Three [2001],
John Butler [1998]
Maxis :
Somethings Gotta Give [2004],
What You Want [2004],
Zebra [2003],
JBT EP [2000]
Live :
Living 2001 – 2002 (2 Cds) [2003]
Pour plus d’infos Site officiel de The John Butler Trio (anglais):
http://www.johnbutlertrio.com Site français :
http://www.johnbutlertrio.fr Le site Archive.org regroupant les concerts en libre téléchargement (classés par année, en anglais) :
Archive.org Deux vidéos du concert Wave Aid (numéros 5 et 6):
http://bigpondmusic.com/features/exclusive/waveaid.asp Mother-earth (anglais):
http://www.johnbutlertrio.org/board/index.php?bn=motherearth_motherearth