Le commerce équitable
La gazette n°17 | 1er Janvier 2006 | Lu 2066 fois | 3 Commentaires
Sommaire
  
Simple phénomène de mode ou véritable réflexion sur les relations économiques et sociales ? Dans un monde capitaliste dont la mondialisation semble inévitablement s'accélérer, le modèle « équitable » est il viable ou est-il une utopie à laquelle s'accroche de doux rêveurs alter-mondialistes ? Zoom sur le commerce équitable, ses origines, ses enjeux et ses limites.
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 Le commerce équitable

« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tout autre moyen de protection sociale » Article 23-3 de la déclaration universelle de Droits de l'Homme.

Qu'est ce que le commerce équitable ?

L'idée du commerce équitable n'est pas nouvelle. Lors de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) en 1964 à Genève, le principe "Trade but not Aid" (Du Commerce mais pas de l'Aide - Handel statt Hilfe) fut lancé. Au cours de la conférence suivante en 1968 à New Delhi, les pays en voie de développement ont à nouveau présenté leurs revendications pour un commerce plus équitable - mais sans succès.

Depuis différents labels ont vu le jour pour passer d'un phase d'information sur l'exploitation des pays du tiers-monde (pudiquement nommées de nos jours « Pays du Sud ») à une phase de commercialisation de leurs produits. Dans le cadre du mouvement de développement durable, s'est déployé, au delà de la simple diffusion des produits, une volonté d'engagement quant à l'origine des marchandises et aux conditions de travail et de rémunération des producteurs.

Comment ça marche ?

Le système du commerce équitable n'obéit pas, aux règles du marché classique. "Il garantit aux producteurs un contrat à long terme et la fixation d'un prix minimum pour éviter la fluctuation des cours" explique Victor Ferreira le directeur de l'association Max Havelaar (pionniers du commerce équitable en Europe.). La vente se fait sans intermédiaires et la production est en partie pré financée pour éviter le recours à des crédits exorbitants. En contrepartie, le producteur s'engage à fournir un produit de qualité, à respecter les normes sociales établies par l'Organisation internationale du Travail et à consacrer une partie du produit de la vente à des projets de développement (éducation, amélioration des conditions de vie, mise en place de projets de développement...).



© Max Havelaar France



Le Commerce Equitable a-t-il un avenir ?

Oui, le commerce équitable a un avenir, il peut et doit s'exercer à plus grande échelle. Le commerce équitable ne représente que 0.008 % des échanges mondiaux, il possède donc un fort potentiel, son concept est tourné vers l'avenir. Le développement du Commerce Equitable est une nécessité, car les inégalités entre le Nord et le Sud vont croissantes. Les petits producteurs de l'hémisphère sud ont de plus en plus besoins des consommateurs du Nord.


Le commerce Equitable est il un "phénomène de mode" ?

IPSOS a réalisé en 2005 une étude à la suite de la 5e Quinzaine du commerce équitable pour rendre compte de l'état du commerce équitable en France. La Quinzaine du commerce équitable a permis à cette forme de commerce d’atteindre 74% de notoriété auprès des Français. Ce score est en progression constante depuis 2000 (9 % an Octobre 2000 – 32% en 2002). Parmi les personnes connaissant cette forme d’échange, un peu plus des deux tiers ont acheté, ne serait-ce qu’une fois, un produit issu du commerce équitable. Les personnes qui déclarent en acheter citent majoritairement des produits alimentaires (84%) avec en tête du classement le café (73%), suivi par le chocolat (18%), le thé (12%) et le riz (9%). Parmi les produits non alimentaires cités par 16% des répondants, nous trouvons principalement les vêtements et linge de maison (9%).

La campagne de sensibilisation du commerce équitable a permis à l’association Max Havelaar d’améliorer à nouveau sa notoriété puisque aujourd’hui, un Français sur quatre a déjà entendu parler du label. La quasi-totalité des personnes qui connaissent le label Max Havelaar lui font confiance pour garantir des prix décents aux petits producteurs (93%). Cette confiance est d’autant plus forte qu’une personne sur quatre se dit « très confiante » dans l’action de Max Havelaar.

Et l'Etat dans tout ça ?

Le ministère des Affaires étrangères a engagé un montant de 5,6 millions d’Euros pour financer les actions suivantes :

Analyser le marché pour les produits sélectionnés : café, cacao, riz, mangues, coton, beurre de karité. Les propositions de mise en place d’une nouvelle filière-produit ou du renforcement d’une filière existante tiennent compte de l’étude préalable nécessaire du marché français.

Mettre en relation les coopératives ou producteurs sélectionnés avec les acteurs économiques en France.

Développer l’implication des grandes surfaces dans la distribution des produits concernés par la promotion du label Max Havelaar et des labels qui pourraient être reconnus.

Renforcer et développer des réseaux de distribution de proximité, réseaux de moyennes et petites surfaces, réseaux spécialisés, commerce traditionnel.

Informer et sensibiliser le grand public en mettant en place des actions de communication.

Garantir au consommateur que les produits présentés comme “ issus du commerce équitable ” ont été produits, importés et distribués selon les critères du commerce équitable : reconnaissance des labels et des systèmes d’évaluation.


Mais parce que tout n'est pas rose sur cette Terre ...

Il existe des « détracteurs » au commerce équitable. Lors de mes recherches sur le sujet, j'ai trouvé en autre ce site : http://ecolo.asso.fr/textes/20020312equi.htm. Afin d'être le plus objectif possible j'ai souhaité vous le soumettre, mais les arguments développés me semble légers, voir criticables et empreints de sous-entendus politiques qui me déplaisent.

Envie de s'engager ? D'en savoir plus ?

>>> Semaine étudiante du commerce équitable du 13 au 19 mars 2006

La Semaine étudiante du commerce équitable est un espace d’information et d’actions destiné aux jeunes en général et aux étudiants en particulier.
La 1 ère édition en 2005 a permis de réaliser plus de 550 actions de sensibilisation au commerce équitable grâce au soutien de 11 organisations jeunes ou étudiantes et de plus 200 groupes d’étudiants mobilisés (cf. Bilan de la SECE).

Cette année, l’association Max Havelaar France souhaite donner encore plus d’ampleur à cette mobilisation en faveur du commerce équitable.

>>> Fair(e) acualités

Le magazine de l'association Max Havelaar France avec au sommaire du N°10 (Novembre / Décembre 2005) :

    - Semaine de la solidarité Internationale

    - Multinationales : La mobilisation commence à payer.

    - OMC : Où en est le coton ?

    - Produits : Des idées cadeau pour noël.

    - Débat : Quelle place pour le commerce équitable dans le commerce mondial ?

A retrouver à l'adresse : http://www.maxhavelaarfrance.org/documents/fair(e)10.pdf

"Le juste et l'équitable sont identiques et quoique tous deux soient désirables, l'équitable est cependant préférable"
Aristote 384-322 BC


Sources :

http://www.commercequitable.org/

http://www.commercequitable.com/

http://www.maxhavelaarfrance.org/

http://www.artisansdumonde.org/

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/economie-mondiale_901/commerce-equitable_3015 /




n/M