Les femmes fatales au cinéma
La gazette n°19 | 1er Mars 2006 | Lu 2355 fois | 2 Commentaires
Sommaire
  
Si comme moi vous pensiez que la femme fatale était là que pour le simple plaisir des yeux, vous vous trompez. L'article de Capucine lève le voile sur ces beautés fatales...
A lire aussi

 Les femmes fatales au cinéma



Le personnage de la femme fatale apparaît en Europe aux alentours de 1910. Les caractéristiques de la vamp y sont fixées: la femmes fatale au regard fascinant épuise les hommes par son ambition et ses appétits sexuels. Incarnation sexy du mal, la « garce » est née…


La censure américaine crie au scandale, face à ces femmes incarnant l’érotisme. La femme doit alors être punie pour permettre au spectateur de faire la différence entre le bien et le mal. Le châtiment-la mort violente de la coupable- fait partie du jeu. Loulou, ,la prostituée mythique immortalisée par Louise Brooks dans le film de Pabst, finit poignardé par Jack l’Eventreur à cause d’une sensualité trop explicite. Les premières vamps disparaissent donc pour laisser leur place aux belles ténébreuses, plus ambiguës et plus consensuelles…
Auréolée de mystère, Garbo va développer un personnage complexe de femme indépendante et romantique prête à mourir et à donner la mort pour son amour. Autour d’elle, les cinéastes développent une nouvelles rhétorique destinée à éviter la censure. L’érotisme fondé sur la suggestion, d’autant plus efficace qu’il contraste avec la froideur apparente de l’actrice.

Vers 1930, Marlene Dietrich impose un style plus audacieux. Malgré une censure tatillonne, elle devient la déesse de l’amour charnel. Elle se distingue des vamps par un réel pouvoir de destruction. Tout ses films révèlent une Marlene dangereuse, qui perd les hommes en faisant appel à leur animalité. Mais le mythe s’émousse. A partir de 1939, la star change de registre.

A partir de 1940, une nouvelle perception de la misogynie est particulièrement forte dans les films noirs, dont l’esthétique met en valeur des femmes ambitieuses, prêtes à tout pour satisfaire leurs passions: l’argent, les hommes, le pouvoir. … voire les trois à la fois! La perversion se lit sur leur visage, marqué par un détail saillant, à la connotation éminemment érotique.
Séduisantes jusqu’au bout des ongles, les garces sont aussi des meurtrières de sang-froid prêtes à tout. On leur trouve parfois des excuses, mais, au bout du compte, leur châtiment est à la hauteur de leur crime.




Les années 60 marquent la libération des mœurs en Occident. Désormais le sexe n’est plus tabou et les femmes proclament qu’elles sont à la hauteur de l’homme. Aujourd'hui, les cinéastes reprennent le thème et les développent. Leurs héroïnes se nomment Demi Moore, Kim Basinger ou Sharon Stone. Dans Basic instinct, cette dernière fait scandale en jouant de manière sulfureuse sur l’intellect et les pulsions de l’homme pour le prendre dans ses filets…
La femme fatale d’aujourd’hui n’a plus rien à envier à ses aînées; ses actes doivent autant à la réflexion qu’à la passion. Femme remarquable, elle met le public féminin et masculin de son côté. Les clichés restent vivaces. Elle est toujours une créature de rêve, caractérisée par une sexualité exacerbée, mais aujourd’hui c’est une femme qui combat les hommes, sur tous les tableaux! C’est ainsi que dans Sin City, les femmes gérent elles-même la sécurité de leur quartier, des femmes qui se battent comme des garçons tout en exacerbant leur pouvoir sexuel grâce à des tenues très très sexy, peut être est ce une arme contre les hommes? En tout cas, les femmes continueront à s’imposer dans un monde mâle. Les femmes fatale évoluent en fonction des fantasmes du public masculin et de la position de la femme dans la société.




Capucine