Qui n’a jamais rêvé de se retrouver à la place de « Marjolaine et les Millionnaires » ? D’avoir devant elle une dizaine de mecs prêts à tout faire pour avoir ses faveurs ? Accepter que ce fantasme, vieux comme la nuit des temps peut de nos jours facilement se réaliser grâce au « speed dating ». Pour ce qui est du résultat, je ne vous garantis rien ! Etant déjà en couple, mon défi sera de repartir avec moins de 3 numéros sur 8. Ca vous va ? Avant de commencer, je vais vous expliquer comment je me suis retrouvée dans un « speed dating ». Mardi 15h, ma copine Valérie, vieille connaissance d’école, me téléphone et généralement ses appels sont intéressés. Je ne me trompe pas, elle me demande de l’accompagner jeudi à une soirée de célibataires. une de ses amis l’a lâché. Mon copain étant à Paris pour la semaine, j’accepte bien volontiers. Avant de raccrocher elle me demande mon âge exact, mon mail et de quel âge à quel âge je préfère les hommes. Valérie étant une fille un peu tordue, je réponds à ses questions sans vraiment y réfléchir. Jeudi soir, j’arrive devant le bar de la soirée. Des bougies, un spot rose, une musique douce me font m’interroger : soirée célibataire d’accord, mais on ne va pas danser sur de la musique qui bouge plus ? Et puis, pourquoi autant de table avec seulement deux chaises ? Pourquoi une bonne femme à l’entrée relève ton carton ? J’en ai pas moi en plus… Ma copine arrive, salutations, blabla habituel puis question : « C’est quoi cette soirée ? »… Elle m’explique… je réagis plutôt bien, moi cela me fait rire et je comprends alors pourquoi ses questions à la fin de notre coup de fil. On rentre grâce à son carton, tout va bien nous sommes sur la liste. On nous apporte un verre, nous sommes chacune à une table avec devant nous un stylo et un bloc afin de noter toutes nos impressions. Dans moins de 2 minutes les 8 garçons vont faire leur entrée. Pendant 7 minutes, nous allons discuter avec chacun d’entre eux. Dans une heure, je saurai si oui ou non, je suis avec le meilleur de tous les garçons.

C’est parti. Les 8 garçons rentrent et s’assoient à une table. Le premier qui s'installe à la mienne se nomme Alexandre. Il est plutôt pas mal, mais tout se gâche quand il ouvre la bouche. Un accent marseillais de folie et toute la panoplie qui va avec : chaîne en or, gourmette, chevalière bref les 7 minutes risquent d’être longues ! Le fameux Alexandre me raconte que c’est la 4ème fois qu’il fait ce genre d’activité et m’interroge sur ma vie sentimentale. Comme ce garçon ne me plait pas, je décide de lui dire la vérité. Il est circonspect et déçu me disant même que je prends la place d’une fille avec qui monsieur pourrait avoir une relation. Bref, la musique augmente, mon premier gars prend son verre et s’éloigne de moi. Le deuxième arrive. Il me fait la bise avant de se poser sur la chaise qu’il rapproche de moi. C’est le dragueur de base. Son prénom est Damien. Beau gosse, oui c’est vrai, beau parleur également. Il m’amuse plus qu’autre chose. Durant les 7 minutes, il ne parle que de lui et de son petit cœur qui ne fait que souffrir face à de « sales prédatrices ». A la fin du rendez vous, il me balance son numéro, comme si je l’avais mérité : « Tiens tu peux le prendre mais alors appel moi ! ok ? ». Je me lève en vitesse pour remettre la chaise à sa place, car le prochain candidat ne me plait pas du tout. Il se prénomme André et dit qu’il a 28 ans. Tu parles, il en a le double ! André est chef de projet en bâtiment, vit en mobile-home et rêve de trouver une femme, douce, gentille, patiente et attentive. Bref tout le contraire de moi et je tâche bien de le lui faire comprendre. Mais, avec la chance que j’ai, André m’avoue qu’il aime les filles directives, sûres d’elles. Il me somme de prendre mon numéro de téléphone que je refuse bien évidemment, lui expliquant que je déteste le camping. Julien, quatrième garçon se met à table. Il boit un sirop de grenadine. Je suis circonspecte à mon tour. C’est l’artiste par excellence : tourmenté, méfiant, blessé, cheveux longs, habillé comme un sac, il réfléchit trop avant de parler bref il m’interpelle. Il me consterne assez vite aussi. Néanmoins, il me plait bien, me fait beaucoup rire. Nous nous trouvons des points communs et s’échangeons naturellement non pas nos numéros de téléphone mais nos mails. Je le sens timoré et ce qu’il fait là déjà est un grand effort pour lui-même. Cependant, s’il n’arrive pas à changer un peu, il ira d’échecs en échecs. C’est le premier que je quitte avec une pointe de déception. Mais tel est le jeu, en avant vers le prochain garçon.

J’ai dépassé la moitié, voyons le prochain. Nicolas s’affale à ma table. Il est jeune, très jeune et se dit étudiant en arts plastiques. Il est assez mignon, enfin pour les filles qui aiment les post -dolescents comme moi (clin d’œil à ma cousine). Il ne sait vraiment pas pourquoi il est là. Nous parlons photo, peinture avant d’aborder le sujet qui nous fait nous trouver là : le célibat. Je ne suis pas son style, car ce cher artiste peintre, aime les femmes mûres et féminines. Au moins, il est clair, pas comme tous ces hommes menteurs. « Dommage », je lui rétorque, « tu perds quelque chose ». Ben, oui, je suis quand même un peu blessée dans mon amour-propre. Je perds patience, enfin je me dis plutôt qu’heureusement je ne suis pas seule dans la vie. Parce que ce n’est pas aujourd’hui, que je trouverai la perle rare. Olivier, le sixième garçon pointe son nez, je l’avais repéré dès le début. Il est brun, pas très grand, yeux verts, mal rasé, bref tout comme j’aime. Le courant passe rapidement entre lui et moi. Il s’est fait largué, il y a tout juste un an et depuis, il traîne de soirées en soirées à la recherche de sa dulcinée. Il croit en l’Amour, le vrai, et est très romantique, il rêve de mariage et d’enfants. D’un côté cela fait peur, il a mon âge, c’est un mec et désire des choses qui moi-même m’affolent. Je devrai lui présenter ma copine Cécile, enfin avant qu’elle ne trouve l’amour à son tour. Il part mais me laisse toute de même son numéro au cas où. Je crois que j’ai oublié de lui dire que je n’étais pas célibataire…oups. L’avant-dernier garçon, se prénomme Harry. Il est grand, bronzé et connaît bien les speed-dating : en 3 mois, il en a déjà fait plus de 15. Il connaît donc les astuces et va de suite à l’essentiel : « Tu cherches quoi ? Depuis quand es tu seule ?». Nous n’avons pas beaucoup le temps, il faut agir vite. « Je dois savoir si tu es libre maintenant ? Si je t’appelle demain tu viens boire un coup avec moi ? ». C’est pire qu’un entretien d’embauche. Je me sens mal à l’aise et n’ose pas lui dire que je suis là en touriste. Comment pourrait il réagir ? Sûrement mal, je lui fait perdre son temps, à lui aussi, alors je préfère jouer le jeu. Il me dit qu’après cet exercice, la soirée nous donnera peut être l’occasion de mieux nous connaître. J’en doute, vu que je ne pense qu’à une seule chose : m’enfuir !!!! Enfin mon dernier pseudo chevalier arrive. Bonne surprise, je dirai même excellente surprise, il est italien, et j’adore les italiens. Alessandro, de son prénom, a gardé l’accent de son pays qui me fait complètement fantasmer. Il est arrivé en France, depuis seulement 4 mois, il accompagne son ami Damien. Alessandro est très gentil, nous ne parlons pas de nous mais de la culture Italienne (figurez-vous qu’il a pensé que j’avais des origines de chez lui). Je suis aux anges et révise complètement mon jugement sur cette expérience, comme quoi, le proverbe : « le meilleur pour la fin » peut dans certains cas s’avérer juste. Je suis conquise. Pourquoi je n’ai eu droit qu’à 7 minutes avec lui ? Avant de partir il me donne son numéro de téléphone que je prends volontiers, lui promettant aussi de l’emmener voir un match au Vélodrome.

Une heure est passée : bilan assez mitigé, de toute façon je n’étais pas là pour trouver le grand amour. Trois numéros de téléphone plus un mail, j’ai respecté mon quota, je suis assez fière de moi. Les hommes de nos jours veulent trop souvent se caser ? Mais je rêve !! Avant c’était les femmes et voilà que la tendance inverse est là sous nos yeux. Les gars, réveillez vous ! Nous les filles ont veut du fun mais pas d’une vie si calme !! Malgré cela, j’aurai fait deux belles rencontres quand même, qui donneront peut être des amitiés via nos moyens de communications modernes. Ma copine et moi avons continué la soirée loin de cette ambiance de drague, Valérie ayant reçu un sms de son ex lui demandant pardon. Que c’est beau l’amour ! Toutes ressemblances avec des personnes existantes auraient simplement été faites exprès
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