Le défi de Dolly
La gazette n°24 | 1er Août 2006 | Lu 790 fois | 4 Commentaires
Sommaire
  
Etant fan d’Alessandro Del Piero entre autre et de l’Italie depuis 1994, j’encourage activement ce pays dans n’importe quelles compétitions sportives. Mon défi ce mois ci: le supporter en finale de la coupe du monde 2006 contre ….La France.
A lire aussi

On est y ! 12 juin, j’ai le cœur qui bat, l’Italie va entrer dans la compétition la plus prisée du football. Faut dire que depuis que je la supporte, je n’ai pas eu beaucoup de moments de victoires avec elle : défaite aux penalties contre le Brésil en 1994, défaite encore contre la France en 1998, rebelote en 2000 et ne parlons même pas de 2002, bref… j’attend moi aussi de célébrer une bonne victoire avec cette Squadra Azura.
Cette année, c’est la bonne je le sens ! L’entraîneur est l’un des meilleurs du monde, nous avons un goal extraordinaire, tout va bien se passer…enfin presque.

Comme à chaque match, je sors ma tenue adéquate : drapeau de l’Italie, maillot ou T-shirt bleu selon la température… bref tout est prêt, le match peut commencer.
Il faut dire que pour moi le plus dur pendant ces matchs est d’écouter les railleries de mes proches, de mes collègues ou simplement d’ivrognes accoudés aux tables de mon pub favori.
Je ne comprend pas pourquoi, les gens vous regardent bizarrement si vous ne supportez pas les chèvres de votre pays ? Non mais quand même ! Y’a pas écrit quand nous naissons que nous devons être obligatoirement patriote, si ?

Premier match et première victoire ! Ouf de soulagement parce que je vous raconte pas si l’Italie perd un match : j’ai droit à une dizaine de sms pour me charrier ! Et oui, on traque toujours le vilain petit canard, quand on ne peut pas avoir toute la tribu.



La pression monte

Hormis l’Italie, j’encourage quand même la France, et j’espère de tout mon cœur que la finale ne sera pas un remake de celle de 2000. Imaginez un peu ce que je vais recevoir si l’Italie perd ? Je l’ai dit, je m’exilerai sur une île déserte ou personne ne pourra me traquer. Je croise les doigts pour que le parcours des bleus s’arrête très vite et surtout qu’ils ne terminent pas premier de leur groupe, évitant ainsi l’Italie en quart de finale.
Hélas, comme en général, mes vœux ne sont pas exaucés, la France retrouve des jambes de 20 ans et l’Italie continue son petit bonhomme de chemin vers une place en finale.

Incroyable, la France est en finale où elle va affronter l’Italie.

Ma fin est proche ! Ceux qui se sont découverts une nouvelle passion pour le foot, (entre nous, qui leur donne l’occasion de boire encore plus qu’avant) ne me comprennent pas quand ils apprennent que je suis pour les ritals. Ils me promettent de me rappeler ce 9 juillet à 22h00 et de faire les comptes. J’hallucine, je ne pensais pas que les gens pouvaient être aussi méchants pour un tel sport.
Pourquoi ils ne veulent pas comprendre que j’aimerai tout simplement que le numéro 10 de la Juventus rajoute une ligne à son palmarès.

Le jour J est là et je ne vais pas bien du tout : tout ceci est allé trop loin, je ressens une pression encore plus forte que les arbitres, j’en suis sûre !
J’hésite à regarder le match avec des copains ou chez moi tranquillement à l’abri des médisants, enfin… je croyais. J’opte finalement pour les deux solutions : la première mi temps chez moi, la seconde à l’extérieur.
Les 45° minutes sont atroces : la France qui marque sur penalty ! Je m’imagine déjà au coup de sifflet final. Je préfère éteindre mon téléphone avant qu’il m’inonde de message. Heureusement, l’Italie égalise avant la mi temps. Je ne perds pas totalement la face.

Round 2 : les bars, la rue !
Je suis une inconsciente me dis me copain, « de te promener de haut en bas aux couleurs des Italiens ». Heureusement dans le sud, une grande communauté Transalpine existe et je ne tarde pas à les rencontrer. Enfin des amis, je me dis !! Hélas, je tombe sur un groupe qui ne parle pas le moindre mot de Français : le seul qu'ils connaissent est Zidane. Bref, on est mal barré, surtout que quand je leur dis que je supporte Pinturicchio, il se moque !
Je me sens incomprise et je décide donc de repartir à la recherche d’un peu de quiétude.

Le temps passe et toujours 1-1. Vient le temps des penalties que je m’efforce de ne pas regarder tellement je le sens mal. Je suis dans la rue, soudain, j’entends un cri de désespoir, j’en conclue à un arrêt du portier Italien. Puis, un premier français sort d’un pub, le maquillage tout coulant, un deuxième, puis un troisième. Ils ne chantent pas, ne dansent pas, l’Italie aurait-elle gagné ?
Il me prend en moi, une joie intense que je ne peux pas décrire et que je ne peux pas non plus extérioriser vu le contexte actuel. Soudain, je vois que tous les regards se portent à moi. « Bravo », « félicitations », « tu bois quelque chose ? », Wahoo, c’est a moi qu’on parle ? Quel retournement de situation !



Moralité, supporter une équipe étrangère à la sienne, c’est dangereux ! Il faut beaucoup de cran et de courage pour faire fasse à la mauvaise foie des soit disant amis. Gagner impose le respect chez les adversaires, je parle en général et pas sur cette finale en particulier pour les raisons que l’ont sait.
Cette fin est heureuse pour moi, mais si le résultat avait été l’inverse, je ne me serai sûrement pas amusée à écrire cet article.

Del Piero est champion du monde est pour moi, c’est la plus belle des victoires ! Maintenant si vous ne pouvez pas comprendre cela est bien tant pis ! Avant de célébrer l’Italie je célèbre mon joueur préféré.

----------------
PS : Cet article n’est pas fait pour activer ou réveiller une quelconque polémique. Juste pour essayer de faire comprendre mon goût pour ce pays