Parce qu’il n’y a pas que la peinture dans la vie, il y a aussi la sculpture. Alors après avoir compris toutes les nuances de la première méthode, si nous nous penchions un peu sur la seconde ? Il ne s’agit toujours pas d’un lexique ou d’un article très technique et détaillé mais simplement d’une petite remise à niveau sur ce qu’est la sculpture et ses divers procédés.
Déjà, sachez que le terme sculpter vient du latin sculpere qui signifie tailler, enlever des morceaux. La sculpture existe depuis toujours, dès la préhistoire les hommes se servaient de matériaux locaux tels que l’os, la terre crue ou le bois pour tailler diverses formes. Ce n’est qu’au Néolithique, grâce à la découverte du feu, que l’argile commence à être cuite et qu’on note l’apparition de poteries. Mais c’est en Egypte qu’on retrouve les premières pierres taillées. Les artistes se basaient sur un dessin et, grâce à un système de quadrillage, le reportaient sur le bloc à tailler. De cette manière le travail du sculpteur était facilité et les risque de repentir souvent évités.
De nos jours il est facile de sculpter n’importe quelle matière un peu rigide. Il est d’ailleurs possible de répertorier ces matériaux selon un classement simple :
- Ceux qui se prêtent au modelage (la cire, l’argile, le carton-pâte, le plâtre et le stuc, le ciment)
- Ceux qui se prêtent au moulage (ce sont pratiquement les mêmes que pour le modelage, plus le verre et les matières synthétiques)
- Ceux qui se prêtent à la taille (la pierre, le bois et autres matériaux organiques dans le même genre).
- Et enfin tous les métaux, dont les traitements peuvent varier.
Plusieurs catégories de sculptures existent :
Le méplat : Il s’agit d’une variante du procédé de gravure puisque le sujet est incisé dans la surface. On ne distingue alors que les contours.

Auguste Rodin, Vase de Saigon, 1880, porcelaine, musée Rodin, Paris.Le relief écrasé : appelé aussi
schiacciato, il consiste en un relief faible, entre le méplat et le bas relief.

Donatello, Madonna delle nuvole, 1425-1430, marbre, musée des Beaux-Arts, Boston.Le bas relief : représentation d’une figure en légère avancée sur le support (inférieur à la moitié du volume de l’objet sculpté).

Anonyme, L'Arbre du péché, Allégorie de la nature humaine, XVIe siècle, albâtre, musée de la Chartreuse, Douai.Le haut relief : ici la forme est presque complète mais l’œuvre dépend toujours d’un support.

Albert Bartholomé, Jeune fille se coiffant, 1917, calcaire, musée des Beaux-arts de Bordeaux.La ronde-bosse : sculpture indépendante de tout support, travaillée sur tous les côtés.

Jean-Antoine Houdon, L’Hiver, 1783, marbre, musée Fabre, Montpellier.Mais toutes ces sculptures ne s’obtiennent pas forcément en les travaillant de la même manière. Parfois il faut tailler dans la masse, parfois il faut mouler ou encore modeler la pièce. Penchons-nous sur ces différentes techniques afin d’en comprendre les distinctions.
Le modelageCette technique est certainement la plus naturelle pour l’homme. Qui, en maternelle, n’a jamais offert pour la fête des pères un superbe cendrier en argile, modelé de vos propres mimines ?
L’argile est en effet le matériau privilégié pour cette technique. Il faut alors enlever ou ajouter de la matière au bloc initial grâce à divers instruments (ébauchoirs, mirettes, spatules). Il est parfois plus pratique de se servir d’une armature afin d’élever la sculpture sans danger de casse. Pour conserver ce chef-d’œuvre en terre crue (c’est aussi le cas pour la céramique ou le grès), il faut cuire la sculpture qui durera ainsi bien plus longtemps.
Mais il n’y a pas que l’argile qui peut se modeler, la cire ou le plâtre sont également souvent utilisés dans ce procédé et ne nécessitent aucune cuisson ; seul un séchage à l’air libre suffit à les conserver.
Le moulage À la différence du modelage qui est pour le sculpteur un acte direct, la technique du moulage n’intervient que de façon secondaire afin d’assurer la conservation, le perfectionnement ou la diffusion d’une œuvre déjà existante.
Il faut alors prendre à partir de cette œuvre, appelée modèle original, un moule et à en tirer une épreuve.
Il existe deux types de moules :
- le moule à creux perdu qui se compose de deux coquilles dans le cas d’une ronde-bosse et se prend sur le modèle. Celui-ci est détruit lors de son extraction du moule et qui est lui-même détruit lors de l’extraction de l’épreuve.
- le moule à bon creux ou à pièces qui se compose d’autant d’éléments que l’œuvre l’exige, permet de conserver le modèle original afin d’éventuellement s’en resservir pour la fabrication de plusieurs épreuves.
La tailleLa taille nécessite un matériau dur sur lequel l’artiste va travailler uniquement à l’aide d’outils, qui varient en fonction de ce matériau. Dans cette technique on ne peut qu’enlever de la matière, ce qui implique beaucoup de prudence et d’étapes dans l’exécution de la sculpture. Par exemple, lorsqu’il s’agit de la taille de la pierre il faut extraire le bloc dans les carrières, l’épanneler, le dégrossir, déterminer et tailler des plans principaux, tailler des plans intermédiaires, rendre le modelé, faire les finitions et enfin polir l’œuvre.
Pour la sculpture du bois, il faut également prendre en compte des facteurs importants : le respect du sens du fil du bois et l’élimination de certaines parties soit trop fragiles comme l’aubier soit soumises à un mauvais vieillissement tel que le cœur qui éclate avec le temps.
L’utilisation du bois permet de rajouter des éléments en les chevillant ou en les collant.
Le travail des métauxDans le travail des métaux, le procédé le plus employé est celui de la fonte. Il sert le plus souvent pour du bronze mais s’utilise également pour d’autres métaux comme l’argent, l’or, le plomb ou l’étain.
Afin de bien comprendre cette technique de la fonte, je vous invite à relire un article précédant sur la confection d’un bijou, daté de décembre 2005 (gazette n°16) ou tout ceci est expliqué.
En dehors de la fonte, seules deux techniques de travail du métal ont été assez important dans l’art de la sculpture. La première, très ancienne, consiste à recouvrir une figure de bois de lames de métal par martelage et estampage
Ex. Vierge d’or de la cathédrale d’Essen
La seconde est au contraire une technique très utilisée au XXe siècle qui consiste à assembler par soudure au chalumeau des éléments métalliques. Il s’agit alors soit de pièces forgées ou découpées par l’artiste soit d’objets fabriqués ou mutilés, de déchets industriels métalliques, etc.
Ces différents procédés n’ont guère évolué avec le temps. Seuls les outils utilisés ont été modernisés et permettent des nuances ou un travail moins dur de l’homme sur la matière.
En revanche, deux innovations techniques apportées par César changent des précédentes : les compressions qui en tant que réduction de volume sans élimination de matière peuvent être considérées comme un procédé de sculpture original et les pâtes de verre coulées où les formes sont créées à partir d’une matière liquide en fusion, mais sans intervention d’un moule.
Vous voilà maintenant un peu plus au courant du travail que doit fournir le sculpteur pour réaliser son œuvre. Il existe d’autres techniques beaucoup plus mineures qui seraient trop longues et trop complexes à expliquer ici. Libre à vous par la suite de vous pencher sur l’une d’elle ou bien même d’approfondir vos connaissances sur celles citées ici.
Ptite-Marie