FESTIBLOG BD REPORTSamedi Plongée dans le noir de ma chambre je tente en vain d’ouvrir mes yeux. Ils sont indécollables, enfin indécrottables, ça m’apprendra à rentrer chez moi à 4h du matin. Je tourne la tête vers mon réveil : 13h. Le Festiblog a déjà commencé mais je n’ai pas le temps de m’en soucier : une odeur du poulet rôti vient me chatouiller les narines. Une heure plus tard, j’ai réussi à m’extirper du lit, j’ai raconté ma palpitante soirée et je me suis régalée. J’allume mon PC. Le temps de faire quelques configurations, de regarder mes e-mails et d’imprimer le programme du festival, il est déjà 14h30. Hop, à la douche. Au bout de 20 minutes sous l’eau chaude, je réalise que je ne me suis pas encore savonnée, je sors de là à 15h, me prépare en une demi-heure et arrive juste à temps pour le train de 15h50. C’est parti pour une heure de transport. Trop occupée à me maudire de manquer certains bloggeurs pleins de talent, je loupe mon arrêt. Heureusement je peux rattraper le métro avec la station d’après. J’arrive à Cours St Emilion à 16h50. Un peu tard mais enfin : Festiblog me voilà !

A la sortie du métro, je découvre une petite foule. Les gens discutent, l’ambiance semble sympa, certains rigolent… je réalise que je suis venue là toute seule, l’asociale qui est en moi commence à angoisser. Je me reprends : je suis au Festiblog ! A gauche, sous la Société Générale, se trouve une table pleine de bloggeur ainsi qu’une autre, complètement vide devant laquelle la file d’attente ne cesse de grandir. J’ai compris : Laurel arrive . Je n’ai que deux heures pour voir tout le monde. Où se trouvent les autres dessinateurs ? Je marche jusqu’à la librairie Album où le programme est affiché. Personne devant. Je retourne à mon point de départ puis reviens à la librairie. Je sens que je vais finir par connaître par cœur l’expo photo des petits grands du passage Saint Emilion. Je me décide à entrer dans la librairie, Loic Secheresse et Lenono s’y affairent, je prends ma place dans la queue. Dédicaces me voilà.

Ainsi c’est lui Lenono, il dessine actuellement un dinosaure mangeant une peluche et demande de quelle couleur il doit le peindre. Je m’engage alors dans un petit débat de quelques secondes avec la personne de devant, un jeune homme très sympa, je décide que l’univers des blogs BD regorge de gens gentils. Le dinosaure sera rouge orangé, Lenono lui donne déjà les premiers coups de pinceau, quant à moi, je commence à réfléchir à la dédicace que je pourrais demander. Arrive mon tour, j’avance sereine et un bonjour plus tard je suis terrassée par ma timidité. C’est alors que la question arrive :
« - Qu’est-ce que tu veux que je te dessine ?
- Je ne sais pas, comme tu veux.
- Non, non, choisis-toi.
- Je ne sais vraiment pas, ce que tu veux !
- Tout ce que je veux ?
- Oui
- Alors ne bouge pas. »
Et le voilà parti dans un portrait de moi à la peinture. Je m’arrête de respirer. Au bout d’un moment, il me demande si je suis son blog. "Evidemment que je le suis", je lui dis, il me répond que j’aurais pu le dire dès le début. Certes, et pourtant je ne le dirais à aucun des autres bloggeurs, qui ne sauront peut-être jamais que j’adore leur travail. Morte de honte, je commence à rougir. Je ne vois rien de ce qu’il peint, je sais juste qu’il utilise du noir, j’en déduis qu’il commence par mes cheveux. Je prie le ciel pour qu’il ne colore pas mon visage, de peur qu’il ne choisisse la même couleur que pour son dinosaure, après tout, je n’en suis pas loin ! Il m’annonce qu’il s’arrête aux contours, je suis soulagée et le remercie. Il me tend la feuille, j’ai une peinture de Lenono, je repars tout sourire.

N’ayant pas énormément de temps, je me mets à la recherche des Chicou-Chicou dont la lecture du blog me met systématiquement de bonne humeur. Je trouve deux des auteurs dehors, de l’autre côté de la librairie. Il s’agit de Claude et Frédé. Elles ne ressemblent pas beaucoup à leurs personnages et sont bien plus jolies en vrai ! J’essaye de les immortaliser sur une photo mais prendre des dessinateurs ne s’avère pas une entreprise facile.

Je commence par la file de Claude qui n’est autre qu’Aude Picault, une des dessinatrices du webzine Desseins. Dans la file d’attente, je me rends compte du nombre de gens qui sont arrivés équipés : carnets, posters, cahiers, feuilles de canson... Avec mes mains dans les poches, j’ai l’air d’une vraie touriste. De même certains savent à l’avance ce qu’ils désirent, ils demandent à chaque bloggueur des panthères, des canards, leur vision de la fin du monde etc. Quand arrive mon tour je ne sais pas quoi dire, alors je demande un dessin pour la gazette afin de vous faire plaisir. Deux secondes de réflexion suffisent à la dessinatrice pour inventer une situation comique, j’admire le boulot, remercie gentiment et passe dans la file d’à côté. J’ai l’impression d’avoir 12 ans. Domitille, plume de Frédé, enchaine elle-aussi les dédicaces. Certains sujets l’inspirent plus que d’autres, la gazette par exemple ne lui dit rien, qu’à cela ne tienne, elle dessine les Chicous sur une montagne. Pourquoi ? Elle-même n’en sait rien.


Bien, bien, bien, à qui le tour ? Je flâne à droite à gauche pour voir quel bloggeur sera le prochain, il me reste peu de temps et les files d’attentes sont toutes plus grandes les unes que les autres. Petit 1 : je suis frustrée, je n’aurais pas le temps de tous les voir. Petit 2 : je suis en colère, quelle idée de venir si tard. A la table de Kek et de Melaka, il doit bien y avoir une heure d’attente par auteur. Je retourne du côté de chez Laurel, on m’indique que certains sont là depuis le début et qu’ils n’ont fait qu’un pas. Même constat chez Boulet. Le phénomène Blog BD, c’est vraiment quelque chose ! Dans les queues, il y a des gens de tous styles et tous âges, je suis contente d’être venue. Tout à mon observation, je repère des bloggeurs en pleine conversation. Je reconnais Gamin grâce à la machine dont il avait parlé sur son blog, une sorte de photocopieuse en fait.

Je repère également Poipanda plus loin, Angel et Din. Je décide d’aller leur parler. Vue par moi, la situation est celle d’une jeune fille qui cherche le courage de parler à des gens dont elle apprécie le travail. Vu par eux, je dois ressembler à un vautour qui guette sa proie. Me voyant roder, Gamin me tend une feuille, il s’agit d’un de ses sketches. A mon grand regret, ce n’est pas un inédit, je lui en fais part et lui demande une vraie dédicace. Il me dit ne pouvoir dessiner que des chats, des chatons ou des cochons. Je m’en contenterai, il commence sa dédicace. J’en profite pour lui glisser qu’il est déjà passé dans la gazette. Petite déconcentration de sa part et je me retrouve avec un animal mi-chat mi-chaton.

Je me retourne vers Din qui dessine. A priori elle n’avait pas prévu de le faire en dehors de ses horaires. Je décide de ne pas la déranger. Quelques errances plus tard, je m’aperçois que la file d’attente pour Lisa Mandel a largement rétrécie, je m’y glisse. Histoire de patienter je m’amuse à écouter les conversations des bloggeurs entre eux, leur complicité fait plaisir. Je me surprends à sourire. C’est à ce moment là que la pluie décide de faire son apparition. Petite moment de flottement auprès des bloggeurs, les parapluies sortent des sacs. Boulet est abrité par une fan tandis que Lisa tente de dessiner sur ses genoux, sous la table. Ce n’est pas juste, je lui tends mon parapluie. Arrive mon tour, je demande un poney sauvage. Trop occupée à protéger mon dessin de la petite averse je ne peux pas prendre de photos. Avant de partir je propose à Lisa de garder mon parapluie jusqu’à la fin du festival pendant que je serais dans la librairie. Elle m’annonce que ce n’est pas utile, il n’y a en effet plus personne derrière moi.

La fin du festival est proche. Je fais quelques achats à la librairie et me jure d’essayer de revenir le lendemain soir. Le Métro s’élance sur cette promesse.
DimancheJe me réveille en pensant au Festiblog mais ce matin j’ai plus important à faire, il attendra. Et il a attendu… jusqu’à 17h. Arrivée au Cours Saint Emilion, je jette un œil au programme et décide de consacrer le temps qu’il me reste à obtenir une dédicace de Miss Gally. Elle se trouve dans la boutique Loisir et Création. Je prends directement place dans la queue et en appelle à ma patience. A quelques mètres de moi, Gally est concentrée sur ses dessins.

La file n’est pas très longue mais l’attente va l’être, d’autant plus que les personnes devant moi savent exactement ce qu’elles veulent, et ce ne sont pas forcement des sujets faciles : une sirène en pleine mer, une obèse, une scène comique, etc. Pour tuer le temps, j’essaie d’identifier les bloggeurs autour de moi. Il y a Obion, Ben Lebègue et un mec qui dessine comme Maliki. Je réalise, c’est Maliki, j’en aurai appris des choses ! Une heure plus tard, je suis face à Miss Gally et lui demande une Bertille (un de ses personnages) tout timidement. Elle semble heureuse, elle aime dessiner les Bertille, j’en suis ravie. Elle me demande alors mon prénom, je donne mon pseudo : Engy. Elle répond « ah bon ! ». Peut-être m’a-t-elle identifiée, je laisse parfois des commentaires sur son blog. Elle semble surprise, je ne dois pas ressembler à ce qu’elle s’imaginait. J’essaye alors de deviner quelle impression je donne derrière mon écran, heureusement Gally me sort de ma torpeur en me tendant mon dessin.

Je fais un dernier petit tour dans le village pour, de mes yeux, dire au revoir aux bloggeurs et je leur donne mentalement rendez-vous sur le net !
Plus d'infos : http://www.festival-blogs-bd.com/
Plus de photos : http://festiblog.spaces.live.com/