Pour la première fois au monde, l’univers de Walt Disney a été percé et la ville de Paris nous fait replonger, le temps d’une visite, dans notre enfance. L’exposition Il était une fois Walt Disney qui se tient actuellement au Grand Palais nous permet d’avoir une vision nouvelle sur les dessins animés qui ont bercés notre jeunesse. Grâce à elle nous comprenons non seulement l’élaboration de ces œuvres d’art mais surtout nous découvrons les sources de son inspiration. Plus qu’un passe-temps pour les enfants, ces films reflètent une réflexion et une origine bien plus profondes.
Dans les premières salles nous découvrons d’abord l’homme, Walt Disney (1901-1966), sans qui rien de tout cela ne serait arrivé. Peu cultivé et autodidacte, il a su s’entourer de dessinateurs américains mais surtout européens hors pair. C’est d’ailleurs de ce continent que Disney tire toute son inspiration, issue d’une multitude de sources artistiques. Puis c’est au tour de Mickey que se concentre notre attention à l’aide de superbes crayonnés d’origine. Tout droit sorti de l’imagination de Disney le personnage se matérialise grâce au crayon d’Ub Iwerks en 1928. Ce n’est qu’en 1935 qu’il apparaît en couleur dans La Fanfare. C’est déjà le succès ! La souris la plus célèbre du monde est désormais sur tous les écrans. Dès lors, Mickey ne changera plus : jeune, poli, timide, avec une touche de Fred Astaire ou de Charlie Chaplin, il est drôle sans être un clown puisque c’est le rôle de Donald, né en 1934.
 Cy Young, La Fanfare, 1935, crayons de couleurs sur papier, Walt Disney Feature Animation and the Animation Research Library, Burbank, Californie.
En avançant dans les salles, nous découvrons le monde de Disney, ses inspirations et ses sources. En effet, il ne faut pas croire que tout a été inventé, que le château de la Belle au Bois Dormantou que l’univers de Fantasia sortent uniquement de l’imagination d’un seul homme. Beaucoup de tableaux, de dessins ou de films ont inspiré Walt Disney. Deux écrans, mis face à face, nous permettent alors de connaître les sources cinématographiques. Ainsi Faust de F.W. Murnau (1926) va être à l’origine de L’Apprenti sorcier ou d’Une nuit sur le mont Chauve de Fantasia. Plus généralement, les films de Disney sont imprégnés du théâtre et du cinéma allemand, notamment par la lumière qui fait office d’élément principal du décor.
F.W. Murnau, Faust, une légende allemande, 1926.
 Fantasia, L’Apprenti sorcier, étude préliminaire, 1940, pastel et graphite sur papier, Walt Disney Feature Animation and the Animation Research Library, Burbank, Californie.
Le romantisme européen qui véhicule l’image d’un monde préindustriel donnera naissance à l’engouement de Disney pour les châteaux, villages ou chalets. Ainsi le Château de La Belle au Bois Dormant est un mixe entre l’iconographie du Moyen Age et l’architecture néo-gothique du XIXe siècle.
Les salles suivantes évoquent un aspect également très important mais surtout récurent, celui de l’anthropomorphisme des animaux ou des végétaux. Qui n’a jamais eu peur en regardant Blanche-Neige se perdre dans cette forêt cauchemardesque ou qui n’a jamais pleuré lorsque la mère de Bambi se fait tuer ? Mais Disney est loin d’être l’inventeur de ce procédé puisqu’on retrouve des attitudes humaines dans les fables de Jean de La Fontaine au XVIIe siècle ou dans des gravures de Gustave Doré au XIXe siècle, pour les exemples les plus connus. Beatrix Potter s’est également amusée, dans ses livres pour enfants, à donner cet aspect anthropomorphique à ses héros.
 Beatrix Potter, Le tailleur de Gloucester, vers 1902.Passé ces généralités, le spectateur se plonge de plus en plus en détail dans les dessins animés. De Blanche-Neige aux 101 Dalmatiens, nous perçons les mystères de la création des décors et de l’origine des personnages, une fois de plus, illustrés par de superbes toiles ou dessins.  Gustave Moreau La Libellule, 1884, aquarelle sur papier, musée Moreau, Paris.
 Cendrillon. Etude pour le personnage de Lady Tremaine, gouache et pastel sur carton, Walt Disney Feature Animation and the Animation Research Library, Burbank, Californie.Nous déambulons donc dans cet univers si cher à notre enfance lorsque d’un coup c’est la surprise, la nouveauté ! Saviez-vous, vous, que Disney et Salvador Dali ont collaboré dans un moyen métrage musical appelé Destino ? Le projet, ébauché en 1946 avec plus d’une centaine de dessins, ne vit malheureusement jamais le jour. Ce n’est qu’en 2001 que le neveu de Walt Disney reprit la production de ce film, pour notre plus grand bonheur. Ainsi, le spectateur semble directement plongé dans une toile de Dali. L’héroïne traverse des paysages tous aussi irréels les uns que les autres créant une véritable merveille surréaliste.  Salvador Dali, Destino. Pyramide se réfléchissant dans un bassin, 1946, aquarelle, Walt Disney Feature Animation and the Animation Research Library, Burbank, Californie.
Enfin, cette exposition se termine par l’influence de Disney sur l’art contemporain avec la présentation d’œuvres, malheureusement bien moins enchanteresses, à la gloire des héros des enfants.
Bref, vous l’aurez compris, il s’agit d’un exposition hors du commun et réellement féerique que nous présente le Grand Palais. Petits et grands peuvent ainsi se plonger dans cet univers de rêve que nous aimons tous. Loin d’être une simple diffusion des dessins animés qui ont fait la gloire des studios Disney, cette exposition nous fait réellement comprendre l’origine de ces œuvres d’art et nous apporte une lecture différente de ces grands classiques.
Mon conseil : ne faîtes pas comme moi et attendez la rentrée des classes avant d’aller la voir. Vous serez peut-être moins dérangé par la multitude d’enfants qui peuplent les salles et qui pleurent pour rester devant leur dessin animé préféré. Et puis tant que vous êtes là, pourquoi ne pas prendre un billet cumulé avec l'autre exposition Portraits publics, portraits privés, différente de la première mais toute aussi splendide.
L’exposition Il était une fois Walt Disney. Aux sources de l’art des studios Disney se tient aux Galeries nationales du Grand Palais du 16 septembre 2006 au 15 janvier 2007. Pour plus de renseignements : http://www.rmn.fr/disney/index.html
Ptite-Marie
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