Vie en solo : célibattant ou célibabattu ?
La gazette n°3 | 1er Novembre 2004 | Lu 3220 fois | 0 Commentaire
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Votre liste de courses se résume à des plats préparés individuels, des croquettes pour chat, des chips, du chocolat et de la bière ? Une montagne de linge sale vous attend chez vous, vous sortez tous les soirs, vous mangez à n’importe quelle heure ? Peut-être faites vous alors partie des 7 millions de français célibataires. A quoi ressemble le célibataire aujourd’hui et comment en est-il arrivé là ? Melle G fait le point… (et même l'accroche)
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La plupart d’entre nous n’ont pas encore 30 ans, mais le phénomène « trentenaire célibataire », le fameux syndrome « Bridget Jones » peut se décliner à tous les âges.

Quand sonne la trentaine et que l’on fait son chemin en solitaire, il arrive parfois que le vertige existentiel nous saisisse, que l’on se voit déjà parcourant les petites annonces du Figaro à la recherche de l’âme sœur ou pire, que l’on s’imagine vieillissant seul et oublié de tous, sans plus rien qui puisse ressembler à un semblant de vie affective (ne parlons même pas de vie sexuelle !!).

Les femmes sont les plus touchées par ce syndrome angoissant. Non pas que la femme ait une tendance plus forte à la prise de tête mais de façon purement biologique, les hormones titillent la gente féminine quand arrivent les 30 ans : un besoin viscéral et impérieux de se reproduire, pousse la femme à rechercher un homme qui saura la combler et partager son désir d’enfant. J’entends d’ici vos cris d’opposition « mais euh non c’est pas vrai !! Toutes les femmes ne sont pas comme ça ! ». Bien entendu, cette motivation intrinsèque est bel et bien inconsciente et non verbalisée, certaines femmes sont même fermement décidées à ne pas faire d’enfant. En d’autres termes, ce désir n’est ni logique, ni sensé mais il fait partie des motivations de la femme pour trouver une moitié. Son horloge biologique s’affole et la poussera malgré elle à tenter de trouver un partenaire avec les années qui passent. Il ne faut pas oublier qu’après 40 ans, la procréation devient délicate et que psychologiquement, la femme sait pertinemment qu’elle est limitée dans le temps, ce qui explique de façon générale son envie de s’engager et de former un couple solide, là où les hommes ont tendance à prendre leur temps, voire à freiner des quatre fers.

De son coté, Monsieur ne s’affole point, il profite des plaisirs de la chair tel une abeille qui butine un parterre de fleurs. Il peut passer d’une conquête à l’autre, sans que ses sentiments ne soient mis en jeu. Pas d’implication, du pur plaisir… Mais ne vous y trompez pas, l’homme est un être doté d’une capacité émotionnelle similaire à la femme, il a juste une façon différente de s’impliquer dans les rapports affectifs, et il a plus de facilité à séparer les sentiments des rapports physiques. De la même façon, la femme tend de plus en plus à suivre ses désirs et à privilégier les relations éclairs si l’envie lui en prend. La frontière hommes / femmes devient de plus en plus floue et les comportements sont en train de se muter.

Dans ce nouveau contexte, il devient compliqué de se comprendre, les rôles ne sont plus aussi clairement définis qu’ils pouvaient l’être auparavant. La femme drague, l’homme se laisse faire. Les initiatives n’incombent plus à l’homme, les femmes n’ont plus le monopole des émotions.
Est-ce suffisant pour expliquer la prévalence des célibataires dans la société actuelle ? Peut–on en déduire que tout fout le camp, que les repères sont devenus inexistants et qu’il devient difficile de trouver un partenaire, de le garder et de pérenniser le couple au fil du temps ? Peut-être bien que oui…
Le célibat est devenu un mode de vie à part entière, revendiqué par certains, subis par d’autres.

Il existe plusieurs types de célibataires : d’un côté celui qui assume pleinement son état, qui préfère la précarité et l’excitation des relations flashs au couple fixe et aux contraintes qui vont avec. De l’autre, celui qui faute de temps, de persévérance, de courage ou tout simplement d’atouts (il ne faut pas se leurrer), partage sa vie avec sa mère, un poisson rouge, une vieille paire de chaussettes, ou pire avec personne.

Tentons de dresser le portrait de ces deux profils, d’étudier leurs fonctionnements et de comprendre comment leurs situations respectives peuvent évoluer.


Célibataire et fier de l’être

Célibataire de longue date ou fraîchement largué, le célibattant se targue d’avoir enfin retrouvé sa liberté. Il va pouvoir faire sa vie comme il l’entend et ne plus rendre de compte à personne. Ce célibataire-là assume pleinement ses désirs et son agenda peut varier à la seconde. Il est inscrit à des cours de yoga, va à la piscine toutes les semaines, il s’est acheté le coffret DVD d’Ally Mc Beal, son frigo est quasi désertique, il reste tard au boulot, il consomme plus d’alcool que la moyenne, il connaît tous les restos et bars sympas de son quartier, son répertoire téléphonique est plein de noms et son agenda est digne de celui d’un ministre. En un mot, le célibattant s’éclate !
Il n’a aucune envie de se fixer, la vie à deux lui donne des boutons et la simple évocation du mot mariage suffit à lui provoquer une vraie crise d’angoisse. Il assume son état puisqu’il c’est un choix délibéré. En effet le célibattant n’a qu’à claquer des doigts pour trouver un / une partenaire, mais préfère rester seul et profiter au maximum de sa vie sans encombres. Le célibattant fréquente tout de même le sexe opposé mais de façon épisodique et brève, le temps de remettre les compteurs de plaisir et de tendresse à zéro. Mais son désir d’autonomie reprend vite le dessus et le voilà reparti dans une marche heureuse…et solitaire.


Le célibat ? pourvu que cela ne dure pas…

Le célibabattu n’a pas décidé d’être seul. Solitaire habituel et régulier, il ne sait pas draguer, il a une faible estime de lui-même, il ne plait pas au sexe opposé, il est maladivement timide et aborder l’autre peut être pour lui la plus dure des épreuves. Retranché dans son doux foyer, s’abrutissant de musique et de bruit pour oublier la solitude, il peut avoir tendance à se replier sur lui, à se couper de toute vie sociale, réduisant ainsi à néant ses chances de faire des rencontres. Il est très proche de sa mère, se lance dans l’élevage de chats, voue une passion sans limite aux loisirs créatifs et à un chanteur de variété française.
A l’inverse, il peut aussi s’être lancé dans la quête active de sa moitié, enchaîner les soirées speed dating, s’inscrire sur un site de rencontre ou passer tous ces week-ends en boîte de nuit. Ses sens sont aiguisés, il peut repérer une proie potentielle à 2 km, flairer le célibataire partout où il se cache, il connaît les lieux propices aux rencontres, il active son réseau d’amis afin de trouver enfin la personne qui sera susceptible de faire un bout de chemin avec lui… généralement sans grand succès !


Que vous soyez battant ou abattu, n’oubliez pas le plus important : si vous ne vous aimez pas, comment voulez vous que quelqu’un puisse le faire ?
Soyez vous-même, n’attendez pas l’amour comme on attend le bus, laissez le frapper un jour à votre porte, vous ne lui en serez que plus reconnaissant.
Enfin, si l’amour vous a déjà fait trop souffrir, que votre cœur ne veut plus s’ouvrir, même si la solitude est ardue, même si elle peut faire très mal, méditez ces quelques mots de Khalil Gibran : « Plus profondément le chagrin aura creusé votre être, plus vous pourrez contenir de joie »