Le Salon du Chocolat : n’y allez pas!
La gazette n°28 | 1er Décembre 2006 | Lu 996 fois | 2 Commentaires
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Il y a un mois exactement : le 1er novembre, le salon du chocolat fermait ses portes. Engy vous explique pourquoi il vaut mieux le regarder à la télé.
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Samedi 28 octobre, le journal de 20h annonce l’ouverture du Salon du chocolat à Paris, porte de Versailles. Sur place les cameras ont tout filmé, pour ce 12 ème salon du chocolat, les organisateurs se sont surpassés : 130 chocolatiers du monde entier, plus de 400 participants et plusieurs animations de prévues. Sur l’écran de mon téléviseur : des gâteaux en chocolat, des truffes au chocolat, des brochettes de chocolat, bref du chocolat ! Assise sur mon canapé je bave déjà, cette année il faut que j’y aille !





Coïncidence ou destinée, je reçois une entrée gratuite pour ce paradis gourmand et le 1er Novembre me voilà en route dans le métro 12. Toute excitée, je me dirige vers le parc des expositions et me retrouve bloquée par une file d’attente de 300m de longueur et 4m de large. Je cherche des yeux le Hall 5 où se tient le salon, il se trouve malheureusement au bout de la fameuse queue. Tous ces gens attendent pour entrer. Je me dirige vers l’entrée des invités, encore subjuguée par ces centaines de personnes qui vont patienter plus de 4h et débourser 12€ juste pour contempler du chocolat. A ce stade de l’histoire, je crois encore que ça vaut le coup.

L’attente pour ceux qui ont déjà leur place est bien moins longue. Une vingtaine de minutes seulement. Mes voisins de file se félicitent d’avoir acheté leur billets à l’avance, pour ma part je me félicite d’avoir des amies haut placées. Après l’indispensable fouille de sécurité, je découvre enfin ce que je pensais être un lieu magnifique. Je n’y vois rien, le salon est noir de monde, je cherche un endroit ou respirer tranquillement, en vain, il faudra que je m’en passe. On peut à peine se déplacer. Comment ont-ils pu faire rentrer autant de gens ? Des milliers de personnes se battent pour quelques mètres carrés. J’essaye de ne pas partir tout de suite en courant.

Deuxième grande déception, tous ces gens qu’on voit manger du chocolat à la télévision l’ont acheté. La dégustation gratuite est juste un argument marketing, la plupart des exposants vendent leurs produits. Le peu qui se risquent à proposer leur chocolat doivent lutter contre une foule avide et féroce. De peur de me faire écraser je renonce à l’idée de gouter à tous les chocolats sans rien dépenser. Mais environ 80% des personnes présentes s’attendent encore à manger des chocolats à l’œil, elles ont payé leur entrée et pour ce prix-là elles entendent bien avoir leur dose. J’en vois voler dans le dos des vendeurs et j’assiste à des scènes dignes de films d’horreur : quand une poignée de gens civilisés se transforme en une masse menaçante. Imposant et terrifiant !





Le salon ne peut pas être que ça. En errant dans les allées, je tombe amoureuse des fontaines de chocolat et sur la scène des danseurs mexicains mettent l’ambiance. Je commence à me sentir mieux. Certains stands sont vraiment bien faits, cours de cuisine, explication de la fabrication du chocolat, si on n’est pas agoraphobe, on peut presque s’y plaire. Au fond du hall, des élèves chocolatiers nous font une démonstration. Le chocolat devient un lapin dans des fougères, avec de magnifiques pommes de pins. A côté, sous des cloches de verres : les œuvres des lauréats d’un concours. Du grand art ! Un monde aquatique en gâteaux, une pantoufle en sucre, tout est comestible. Une dizaine d’artistes ont sculpté, modelé, travaillé le chocolat, c’est magnifique! Je remarque qu’un des ouvrages à été détruit, bousculé, la cloche de protection et les cordons de sécurité n’ont pas pu lutter contre l'agitation ambiante. J’enrage.

Retour vers la scène où le défilé va commencer. Une des robes était exposée, c’est assez impressionnant, j’ai hâte de la voir portée. Devant le podium : une foule immense. Rapidement, je me retrouve coincée. Je ne peux plus bouger et à peine respirer. Je ne vois pas la scène, juste un bout de robe dans l’appareil numérique de l’homme en face. Dès qu’un mannequin s’avance, les bras se lèvent pour prendre des photos. Impossible de profiter du spectacle. A côté de moi une petite fille se plaint. Si du haut de mon mètre soixante treize j’ai un peu d’oxygène, ce n’est apparemment pas le cas de cette fillette d’1m30. Elle se met à pleurer et supplie sa mère de partir. Réponse : « Maman veut voir le défilé, elle peut rien pour toi !». Je reste sur le cul.

Le défilé fini, je me dirige vers la sortie, j’ai tenu deux heures. Dehors il y a encore des tas d’innocents qui font la queue. J’ai envie de leur crier de faire demi-tour. Trop de monde, des exposants énervés et à bout de nerf (on les comprend), impossible de profiter des stands et difficile de respirer : 12 euros le malaise c’est cher payé ! Enfin seule, je sors le paquet de truffes que j'ai acheté : insipides. L’an prochain, je reste chez moi !