Bien qu’aujourd’hui Noël soit devenu plus commercial qu’autre chose, cette fête symbolise l’amour que l’on porte à notre famille et à nos amis. Pour comprendre un peu mieux la naissance de ce jour pas comme les autres, voici quelques petites explications :
Si déjà on parlait un peu du mot noël. Il pourrait venir de deux origines : - du vieux français nouvel ou nouvé qui rappelle qu’auparavant la nouvelle année débutait au solstice d’hiver. - du latin dies natalis qui signifie le jour de la naissance du Christ. C’est cette deuxième proposition qui semble retenue dans d’autres pays européens tels que l’Italie (Natale) ou l’Espagne (Navidad). Ce n'est qu'au IVe siècle que fut instaurée la fête de Noël, célébrant la naissance du Christ. La date fut fixée le 25 décembre, le jour d’une fête païenne très importante, celle de la renaissance du soleil, afin de lui faire concurrence dans le but de la supplanter.
Le Père Noël est né au XXe siècle. Auparavant, c’était Saint Nicolas qui, le visage orné d’une belle barbe blanche, apportait les cadeaux aux enfants. Cette fête fut supprimée au XVIe siècle mais certains pays la conservèrent, comme la Hollande (Sinter Klaas). C’est d’ailleurs grâce à cette dernière, et à l'émigration de certains de ses habitants, qu’apparue l’esprit de noël aux Etats-Unis (Santa Claus). Il faut également rajouter l’énorme engouement que suscita un poème écrit en 1923 par Clément Clarke Moore sur Saint Nicolas (voir un peu plus bas), sans oublier les dessins d’un américain, Thomas Nast, qui présentaient un bonhomme rondouillet, distribuant des cadeaux à ses rennes. Le Père Noël tel qu’on le connaît aujourd’hui était donc né.
 Gravure de Thomas Nast pour le Harper’s Illustrated Weekly, parue en 1881.Mais c’est Coca-Cola qui donna à notre idole à tous (oui oui, je parle bien du Père Noël) ses vêtements rouges. Réutilisant l’image de ce bonhomme tant aimé des enfants, la marque s’en servit en 1931 pour lancer une campagne de pub qui marqua à jamais les couleurs du Père Noël : rouge et blanc.
Le sapin est aussi issu de la fête païenne de la renaissance du soleil (hé oui, on n'a décidément rien inventé). Un arbre était associé chez les Celtes à chaque mois lunaire et l’épicéa, arbre de l’enfantement, correspondait à celui de décembre. Le sapin décoré est un peu plus tardif. Il apparu peut-être en France au XVIIIe siècle mais ça n’est qu’au XIXe qu’il se développa dans toute l’Europe. On y installait comme on pouvait des petites bougies pour l’animer jusqu’à l’apparition de l’électricité et des guirlandes lumineuses. Des fruits et des petits morceaux de papiers coloraient l’arbre de noël. Ce sont d’ailleurs ces deux derniers éléments qui sont à l’origine des boules de noël.
Pour comprendre la naissance de la bûche, tradition culinaire de cette période, il faut encore retourner chez nos amis celtes. Ceux-ci, toujours pour célébrer le culte du soleil, faisaient brûler une bûche comme symbole. La tradition chrétienne utilisait aussi ce symbole pour rappeler que Jésus est né dans une étable, chauffé par la seule présence du bœuf et de l’âne. La bûche était choisie dans un bois très dur, pour qu'elle brûle longtemps, et décorée de rubans. Le plus jeune et le plus âgé l'allumaient une fois que le chef de famille l'avait bénie. On se réunissait alors autour de son feu pour chanter des airs de Noël. Selon les régions et les pays, il y a énormément de coutumes liées à la cette bûche et de superstitions. Par exemple, pouvant chasser les mauvais esprits, si elle s'éteignait au bout d'un certain temps (très variable selon les endroits) elle avait l'effet inverse et portait le mauvais oeil dans la maison.
Maintenant que vous en connaissez un petit peu plus sur cette fête unique, je vous propose un petit poème pour rester dans cet esprit de noël. Plutôt que d’en choisir un au hasard, voici celui de Moore qui donna naissance au Père Noël. Pourquoi ne pas le lire aux petits pour les faire patienter avant le 25 décembre ?
A VISIT FROM ST. NICHOLAS
La nuit d' avant Noël, dans toute la maison, Nul être ne bougeait, pas même une souris; Les chaussettes pendaient, près de la cheminée, Espérant la venue du bon Saint Nicolas;
Les enfants se nichaient au creux des lits douillets, Des rêves de bonbons dansaient dans leurs esprits; Maman dans son fichu, et moi sous mon bonnet, Préparions nos cerveaux au long sommeil d'hiver,
Quand de notre pelouse monta un tel fracas, Que je sautai du lit voir ce qui se passait, Volant à la fenêtre, aussi prompt que l'éclair, Repoussant les volets, relevant le châssis.
La lune qui jouait sur la neige récente Donnait à chaque objet le lustre de midi, Quand à mes yeux ravis, devinez qui parut, Un tout petit traîneau, huit rennes minuscules.
Un petit vieux gaillard les menait prestement, Je reconnus saint Nick dès le premier moment. Plus rapides que l'aigle bondissaient ses coursiers, Il sifflait et criait, interpellant chacun :
Allez, Fougueux! Danseur! Allez, Fringant! Rusé! Comète! Cupidon! Vite, Elégant! Eclair! Sautez en haut du porche! Et vite en haut du mur! Galopez, galopez! Filez à toute allure!
Comme les feuilles mortes que chasse l'ouragan Rencontrant un obstacle, remontent vers le ciel, En haut de la maison bondissaient les coursiers, Leur traîneau plein de jouets, entraînant Nicolas.
Alors, en un éclair, j'entendis sur le toit Piaffer allègrement chaque petit sabot. Quand je rentrai la tête pour me retourner Je vis saint Nick bondir hors de la cheminée.
Revêtu de fourrure de la tête aux pieds, Son habit tout couvert de cendres et de suie, Et un ballot de jouets jeté sur son épaule, C'était un camelot prêt à ouvrir son sac.
Ses yeux - comme ils brillaient ! Ses pommettes joyeuses Ses joues au teint fleuri et son nez en cerise! Sa drôle de petite bouche tendue comme un arc, La barbe à son menton, aussi blanche que neige;
Il tenait une pipe serrée entre ses lèvres Un cercle de fumée auréolait son front; Il avait large tête et petit ventre rond, Qui tremblait à son rire, comme un bol de gelée.
Joufflu, dodu, tel un joyeux lutin : Je ne pus m'empêcher de rire en le voyant; En un petit clin d'oeil et un signe de tête, Il m'assura bientôt que je ne craignais rien.
Sans prononcer un mot, il se mit à la tâche, Et remplit tous les bas, puis se tourna soudain, Un doigt le long du nez, pour un petit salut, Avant de remonter dedans la cheminée.
Il reprit son traîneau, siffla son attelage, Et tous s'évaporèrent, tels duvets d'un chardon, Mais je l'entendis bien crier en s'éloignant : JOYEUX NOEL A TOUS , ET A TOUS BONNE NUIT !
Clément Clarke Moore
Ptite-Marie
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