Les sept merveilles du monde
Avant toute chose, que sont réellement les sept merveilles du monde ? Non, elles ne jouent pas dans Ocean’s Twelve ni ne représentent un top seven des forumeurs les plus populaires. C’est moins drôle en fait car ce sont les œuvres d'art considérées par les Anciens (IIIe siècle av. J.C.) comme les plus remarquables. Cette classification est l'un des derniers témoignages de l'unité du monde antique avant l'époque romaine.
Munissez-vous de vos sept doigts et le décompte va commencer…
1.
Les Pyramides de Gizeh
Si vous louez un chameau, vous verrez la seule merveille encore visible, tout près du Caire : les Pyramides de Gizeh. En plein milieu du désert, le touriste perd ses lunettes de soleil face à la vue de ces tombeaux de pharaons. Ces derniers désiraient, par cette construction, devenir éternel et entamer leur voyage vers une nouvelle vie après leur mort.
La plus grande des trois est celle de Khéops (146m de haut) puis vient celle de Khéphren (136m) et enfin celle de Mykérinos (68m). Elles datent toutes trois du XXVIe siècle av. J.C.
2.
Le Phare d’Alexandrie
Situé également en Egypte, sur l'île de Pharos (qui a donné le mot «phare») en face d’Alexandrie (vous savez, la ville où les sirènes chantent encore la même mélodie…woowoowoo).
Bâti par Sostrate de Cnide, il était destiné à protéger les navigateurs afin de guider les bateaux vers le port. Le système fonctionnait grâce à un miroir qui reflétait les rayons du soleil la journée et un feu la nuit.
Selon les descriptions d'auteurs arabes, le phare comptait trois étages : le premier était carré, le second octogonal et le troisième cylindrique. L'ensemble en marbre blanc mesurait environ 135 m de haut.
Il fut peut-être détruit par un séisme au XIVe siècle.
3.
Le Colosse de Rhodes
Les marins entrant dans le port de Rhodes, en Grèce, passaient entre les jambes de Hélios, dieu grec de la Lumière. Pas écossaise pour un sou, cette statue n’avait pas non plus les pieds d’argile mais était au contraire faite en bronze.
De son bras levé, il tenait un flambeau tandis que son autre bras s'appuyait sur une lance. On suppose que cette merveille aurait inspiré Auguste Bartholdi, le sculpteur qui réalisa la Statue de la Liberté.
Le Colosse fut achevé en 268 av. J.C par un certain Charès de Lindos. Pour la petite histoire, Charès se serait suicidé lorsqu'il aurait découvert une erreur dans ses calculs ; erreur qui fut, en plus, facilement corrigée.
Le Colosse de Rhodes était une statue gigantesque (33m), mais il représentait avant tout un symbole d'unité pour le peuple habitant l'île.
Vers 225 av. J.C., un tremblement de terre brisa la statue aux genoux et les morceaux de bronze ont été vendus au moment de l’invasion arabe.
4.
Les jardins suspendus de Babylone
Malgré votre kit nature et les conseils de Nicolas, vous n’arriverez jamais à égaler les jardins suspendus de Babylone.
C’est pour l’amour d’une femme que le roi Nabuchodonosor II aménagea des jardins luxuriants destinés à lui rappeler la végétation des montagnes de son pays d'origine. La tâche était d’autant plus dure que l’ancienne Babylone se situait sur les terres arides de l’actuelle Irak.
Hauts de 23 à 92 m, ils se présentaient sous la forme de terrasses consécutives reliées entre elles par un grand escalier de marbre. C'était un jardin botanique où l'on cultivait les plantes et les arbres de Mésopotamie et dans lequel coulait un fleuve artificiel.
Leur construction date de 600 av. J-C. mais aucun historien grec n'a réellement vu ces jardins suspendus. Ils sont connus par d’anciens récits mais finalement, ils n’ont peut-être existé que dans le cœur du roi.
5.
Le Mausolée d’Halicarnasse
Autre histoire d’amoooouuuur, le Mausolée est bâti en 352 av. J.C., à Halicarnasse (ancien nom de Bodrum, ville du sud-ouest de la Turquie) par la femme du roi Mausole (cherchez le rapprochement…) à sa mort. Epleurée par la perte de son époux, elle voulu célébrer sa mémoire en érigeant un somptueux monument funéraire.
Il mesurait 42 m de haut et 133,5 m de tour. Il était entouré de trente-six colonnes et surmonté d'une pyramide ornée d'un quadrige (char de course tiré par quatre chevaux) de marbre. Destinés à être réunis dans l’au-delà, la chambre funéraire contenait les tombes de Mausole attendant d’être rejoint par son épouse.
Il fut abîmé lors d'un tremblement de terre et au XVe siècle, les chevaliers de l'ordre de Malte en ont récupéré les pierres pour construire une forteresse.
6.
La statue de Zeus à Olympie
Comme vous l’aurez compris la statue de Zeus se trouvait à Olympie dans un temple en Grèce.
Œuvre du célèbre sculpteur athénien Phidias la statue est constituée essentiellement d’ivoire et d’or (on appelle cela une sculpture chryséléphantine : retenez ce « mot compte triple », il peut vous être utile lors de votre prochaine partie de scrabble…). Même assis sur son trône, cette statue colossale représentant Zeus (Jupiter chez les romains) le dieu des dieux touchait presque le plafond du temple et mesurait 12 m de haut. Achevée vers 430 av. J.-C., elle n’eut guère le temps d’être admirée. Moins de 1000 ans plus tard en 475, la statue fut détruite dans un incendie.
7.
Le Temple d’Artémis à Ephèse
Il se situe en Turquie, dans l'ancienne ville d'Ephèse.
Sur l’emplacement d’un ancien petit temple, le roi Crésus, au VIe siècle av. J.C., en fit ériger un nouveau, beaucoup plus grand et plus richement décoré. Le Versailles de l’époque contenait un grand nombre de sculptures de la main d’artistes célèbres comme Praxitèle, Phidias ou Polyclète. Dans cet écrin de marbre la statue la plus vénérée était celle d'Artémis. Même si l’on n’est pas tout à fait d’accord sur les canons de beauté de l’époque, le peuple vénérait cette déesse à la tête entourée d'une sorte de panier, d’un corps recouvert de divers symboles de la fertilité et d’un torse orné de plusieurs rangées de mamelles.
Ce temple fut incendié le 6 juillet 356. Précision due à un autre évènement majeur : dans la même nuit naquit Alexandre le Grand. Un historien grec avait écrit à ce propos « qu'il ne fallait pas s'étonner que ce temple magnifique, consacré à Diane, eût été brûlé la nuit même qu’Alexandre vint au monde ; parce que la déesse ayant voulu assister aux couches d'Olympiae, fut si occupée, qu'elle ne put éteindre le feu. » Ce fut un certain Erostrate, un malade mental, qui mit le feu au temple dans le but de rendre son nom célèbre.
Alors que le monde perdait l’une de ses merveilles, une nouvelle figure emblématique salissait sa première couche…
Et voilà, le compte est bon… Sept merveilles du monde ancien dont seulement l’une d’entre elles est encore visible de nos jours.
Au cours du XXe siècle, certaines personnes ont voulu à leur tour établir la liste des sept merveilles du monde moderne. Cette liste, si elle existe réellement, m’est je l’avoue inconnue. Mais que cela ne vous empêche pas de vous faire votre propre opinion et même de créer la votre.