Les Combustibles d'Amélie Nothomb
Dans un pays sans nom en plein milieu de l’hiver, la guerre et ses bombardements mettent à mal une ville. Dans ces conditions plus que précaires, enseigner et apprendre la littérature en université relève de la gageure. Pourtant c’est le cadre choisi par Amélie Nothomb pour sa pièce intitulée Les Combustibles. Trois personnages évoluent ainsi en huis-clos dans le bureau du Professeur, quinquagénaire pour qui le froid sibérien est l’occasion d’une plus grande concentration sur ses recherches littéraires. Il est assisté de Daniel, brillant étudiant un rien volage. Sa dernière conquête, Marina se retrouve privée de son logement suite à sa récente destruction. Elle trouve refuge dans la bibliothèque du Professeur où une faible tiédeur subsiste. Ce maigre réconfort ne dure guère. L’université est bombardée et le chauffage vient à manquer. Dès lors comment survivre ?...
Les Combustibles est une pièce de théâtre méconnue dans l’œuvre d’Amélie Nothomb qui m’a séduit tant par le thème que par les problèmes qui y sont abordés. En certains points, elle me rappelle le débat proposé par Umberto Eco dans Le Nom de la Rose (vous savez cette géniale enquête policière dans une abbaye du Moyen-âge ?) : quels sont le prix et le poids du savoir quand il s’agit de survivre ou de défendre une éthique ?
Le Professeur, Daniel et Marina sont en effet capables de briser tous les interdits et de dépasser leurs propres limites dès lors que leur survie, physique et psychologique, se trouve menacée. A ce titre, l’intrigue vous réservera quelques surprises. Ils font preuve de cynisme, d’ironie, de tendresse et d’inattendu à l’instar de ce qu’on peut lire régulièrement chez Nothomb. L’auteur sait mener son lecteur et, ici, son spectateur à travers différents états d’âme avec un certain plaisir. Cette pièce fourmille de degrés de lecture et intriguera les amoureux de l’objet qu’est le livre.
Cuervo
Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (1967)
Cent ans de solitude raconte la création de Macondo, petit village d’Amérique du sud. Sur cette trame historique le lecteur va côtoyer toute une dynastie : les Buendia. On y rencontre notamment la tante Ursula donnant naissance à un enfant à queue de cochon (fruit d’une relation incestueuse), le colonel Auréliano ratant son suicide et condamné à vivre de nombreuses années, José Arcadio, décidé à trouver la pierre philosophale ou encore Amarenta recevant de La Mort l’ordre de tisser son propre linceul.
Dans cette famille, la mort se mêle à la vie, la tristesse aux éclats de rire, les mésaventures aux tribulations. Bref, le lecteur s’attache à plus de vingt personnages répartis sur six générations, tous aussi insensés et émouvants les uns que les autres.
Il n'est pas facile d’en résumer l’histoire tant les multiples péripéties des Buendia la rendent dense.
En ouvrant Cent ans de solitude, on ne s’attend vraiment pas à être plongé dans une épopée tumultueuse où réel et magie se confondent. Foisonnant et fou, ce livre vous emportera dans un monde délirant et génial.
Personnellement, j’ai été complètement séduite par cette odyssée. A la fois poétique, très réaliste et rédigé dans un style simple, ce livre m’a donné le goût de la lecture. On ne se lasse pas de lire les aventures de cette famille et on redoute le jour où elles se termineront.
Un petit extrait : La nouvelle qu’Amarenta Buendia levait l’ancre à la tombée du jour en se chargeant du courrier de la mort se répandit dans tout Macondo avant midi et, vers trois heures, il y avait déjà dans la salle commune une grande boîte pleine de missives. Ceux qui préféraient ne pas écrire confièrent à Amarenta des messages oraux qu’elle consigna dans un cahier avec le nom du destinataire et sa date de décès. « Ne vous faites pas de soucis, disait-elle en tranquillisant les expéditeurs. La première chose que je fais en arrivant, c’est de remettre votre message. » Tout cela avait un air de comédie.
Ptite Marie
Ptite Marie & Cuervo
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