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Interview - Julie from Blizzar B La gazette n°8 | 1er Avril 2005 | Lu 2241 fois | 0 Commentaire
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Une découverte, musicale, de plus, ici. Un groupe de djeuns qui font du bruit ? Nan, font de la musique ceux là, bon ils sont jeunes, mais tant mieux, on les a pour longtemps :) |
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C'est l'histoire d'un groupe qui s'est formé il y a un an environ : BLiZzAR B. Ce nom vous dit sans doute quelque chose mais que savez vous de ce trio très prometteur ? Julie (alias Ched), la chanteuse, a pris le temps entre concerts et répétitions de répondre à quelques questions. Interview.
Alors rapidement, est ce que vous pouvez nous raconter l'histoire du groupe ?
Et bien tout a commencer en novembre 2003 où j'ai rencontré Orel (batterie) en fac de musicologie à Dijon. Elle m'a ensuite invitée dans le studio de son beau-père pour jouer un peu. Puis ces petites escapades sont devenue très très vite régulières parce qu'on se sentait en symbiose totale, nos styles musicaux s'entrecroisaient alors c'était assez amusant pour toutes les deux de pouvoir se distraire si facilement sans se poser de questions.
Malgré cette distraction, cela devenait de plus en plus sérieux alors nous nous somme mis en quête d'une bassiste (pour former un groupe de filles) mais les résultats de nos recherches furent peu concluants. Alors deux mois plus tard un charmant jeune homme, Ben (basse), est arrivé par le biais d'un ami commun. Talentueux guitariste à la base et séduit par notre style de jeu, il m'a appelé un jour en me disant : "j'ai craqué j'ai acheté une basse !" et très vite il s'est mis à travailler dur, il nous épatait a chaque répétition ! C'est d'ailleurs de cette façon qu'il a su nous imposer un rythme de travail effréné auquel on a pris goût (il voulait jouer tout le temps !!!) Voila le groupe était formé !
Tout de suite, on a écrit et composé dans l'optique d'un premier concert en juin 2004. Dans la foulée, en juillet 2004, on a enregistré un premier CD de démonstration qui regroupe six des premiers titres du groupe et qui est aujourd'hui disponible via l'association que nous avons créée, Blizzar Prod. Association sans laquelle nous ne serions pas devenu si autonome au niveau du matériel et de la promo. A la fin de l'été 2004, on a joué dans notre premier festival, le festival Waka, en Côte d'Or. Aujourd'hui, nous tournons beaucoup en Bourgogne tout en préparant l'enregistrement d'un prochain CD, qui devrait être un maxi de 5 titres et que l'on espère sortir durant le second semestre 2005.
Pourquoi « Blizzar B » ?
Nos premières compositions étaient en anglais, par la suite j'ai pris mon courage à deux bras et j'ai commencé à écrire en français mais le style musical restant très anglo-saxon, il nous fallait trouver un nom qui sonne dans les deux langues. Alors avec Orel, nous nous sommes penchées sur le problème parce que le groupe devenait sérieux. En toute logique, il nous fallais ce nom... Alizé étant déjà pris, et le blizzard étant un vent un peu plus destructeur je l'espère... hop on enlève le "d" pour ne pas être confondu avec le phénomène meurtrier. Et voila, Blizzar est devenu notre "marque", et bizarrement nous avons rajouté le B juste avant que Ben n'arrive dans le groupe, petite coïncidence sans trop de sens mais par la suite ça nous à fait sourire. BLiZzAR B est un nom assez joli visuellement : il y a une certaine symétrie. Et lors de la prononciation, les syllabes rebondissent.
Le groupe est-il au complet ?
Aujourd'hui oui, la formule du trio est efficace, nous avons chacun notre rôle et tous les instruments ont une même importance lors de l'écoute. A la base, les morceaux ne sont pas trop «gonflés», et comme ils restent assez simples dans leur construction. On peut tenter en live certaines variations qui seraient plus difficiles à mettre en place si nous étions plus nombreux. Et en studio, cela nous ouvre des perspectives sur les différents sons que l'on pourrait utiliser, on explore beaucoup plus dans le sens où nous aurions vite fait de rester dans des structures semblables, des sonorités uniques.
Là ce n'est pas le cas, on peut se lâcher individuellement sans gêner l'un ou l'autre, au contraire on apporte chacun notre couleur. En plus, l'histoire de Blizzar B a commencé à trois. On voit mal comment quelqu'un pourrait aujourd'hui s'immiscer dans notre sphère, dans cet univers qu'on a construit et qu'on fait évoluer tous les trois. Par contre, il est tout à fait possible que nous fassions appel à d'autres musiciens sur nos enregistrements en studio, pour varier les sonorités et les ambiances au fil des morceaux.
Comment qualifieriez vous votre musique ?
C'est avant tout du rock français, du rock qui tire sur la pop. D'ailleurs, on dit souvent qu'on fait du « Rock N'Pop ». Dans leur conception, nos morceaux sont assez frais, et l'on met l'accent sur les mélodies. Cela dit, notre style mélodique est en constante évolution puisque beaucoup de nos morceaux sont élaborés sur des bases différentes (blues, funk, salsa, valse, rock), ce qui nous permet d'explorer notre musicalité au fil des compositions.
Et pour vos influences ?
Nous sommes tous les trois influencés par des artistes rock du moment. Cela dit, on a chacun nos groupes de prédilection : moi, j'apprécie énormément Matthieu Chédid ou encore Placebo, ce sont d'ailleurs nos principales influences sur les premières compositions de Blizzar B. Orel aime beaucoup K's Choice et The Corrs, et plus généralement la pop anglaise. Et Ben est un inconditionnel de Muse.
Finalement, la somme de nos influences forme un tout assez cohérent qui nous permet d'avancer vers le même objectif. Tout ça est accentué par notre jeu assez « instinctif » dû au fait que nous sommes trois autodidactes. Mais j'ai le sentiment qu'on se dirige vers quelque chose d'un peu plus funk qu'au départ, je découvre encore ma guitare et je m'amuse même à inventer des gammes qui sans nul doute existe déjà mais comme je n'ai pas de repère c'est assez transcendant...
Ben lui aussi en ce moment est très tourné vers le disco, quant à Orel elle utilise de plus en plus la cloche à mon plus grand bonheur! Alors les compositions passées prennent une autre tournure, c'est assez excitant de savoir qu'on est en pleine évolution, et qu'on a pas vraiment de limite finalement...
Pourquoi avoir choisi d'écrire en français ?
Bien que l'anglais soit facilement prononçable et offre des variations infinies avec la voix, le français est une langue très riche en émotion. C'est justement à l'écoute d'artiste comme Brel, Brassens ou Matthieu Chedid que j'ai su découvrir la splendeur de cette langue, elle abonde en intonations , en rythmes, et littéralement en sentiments... J'ai du délaissé des influences comme Alanis Morissette ou les Cranberries pour revenir à quelque chose de plus frais et naturel. Alors je m'initie et encore aujourd'hui, je continue d'explorer ma voix.
Quel est votre rythme de travail ?
On joue beaucoup. Individuellement, on pratique tous les jours. Après, en fonction de nos affinités géographiques, on se voit le plus souvent possible : il nous est arrive à Ben et moi de jouer 6 heures par jour pendant une semaine. Quoiqu'il arrive, on répète tous les trois ensembles une à deux fois par semaine, pendant 4 à 5 heures, et cela en plus des concerts dont le rythme croît au fil des mois. A côté de ce travail musical, il y a aussi toute la gestion du groupe, le travail avec notre association, le démarchage des lieux de concerts, qui occupent beaucoup de notre temps.
Comment avez-vous l'habitude de composer ?
La plupart du temps, c'est moi qui initie les morceaux en apportant un texte ou une mélodie, ou les deux en général. Sauf lorsque je m'acharne après un texte et une mélodie qui ne sont finalement pas cohérents, Orel et Ben viennent à ma rescousse et d'une manière très naturelle, on arrive à un résultat judicieux.
Sinon je pratique l'« écriture automatique », c'est-à-dire que mes textes sont souvent écrits en dix minutes et d'une seule traite, souvent le soir très très tard. C'est pourquoi ils sont aussi sombres que la luminosité qui m'éclaire lorsque je les écrits (rires). Pour l'instant, très peu de nos textes ont été retouchés. Ensuite, Ben pose une mélodie de basse et Orel vient caler la rythmique. Certains titres ont aussi été écrits alors qu'on répétait, tous les trois. On a un tel feeling que chacun de nous est capable de prévoir dans quelle direction partiront les autres.
Qui est le leader du groupe ?
C'est moi !!! Nan je plaisante évidement (rires). En concert je suis la cible des regards du fait que je chante en plus de jouer de la guitare mais lorsque la scène le permet je me cale à gauche, Ben à droite et Orel au centre. Ainsi nous avons tous le même espace à la scène comme en studio.
Pour ce qui est des statuts dans le groupe, j'apporte une mélodie et un texte, Ben et Orel se pose puis la mélodie mûrie du fait que l'on s'inspire mutuellement en permanence. Alors on peux pas vraiment parler de leader, on ne se sent qu'un, on est tous les trois complémentaires, on forme un bloc, soudé, et qui se renforce au fil des jours.
En concert, après une première partie électrique, vous jouez plusieurs morceaux en version acoustique, le public semble d'ailleurs apprécier ce changement de sonorité, quel est l'effet recherché ?
L'essentiel est avant tout dans l'intensité, dans l'émotion, pas forcément dans la brutalité et la gesticulation. La session acoustique est aussi là pour montrer qu'on est ouvert à des styles qui différent. Certains se retrouvent plus dans les morceaux acoustiques que dans les électriques, tout dépend de la nature des gens. Et puis, c'est une forme de pause musicale, un entracte pour les oreilles sensibles au milieu d'un concert qui reste très rock.
Quels sont vos projets ?
On a faim de scènes ! Actuellement, on joue beaucoup dans les bars, et l'objectif est maintenant de passer un cap : participer à des festivals, jouer dans des salles de concerts. Cela dit, à l'heure actuelle, le fait de jouer régulièrement devant un public nous permet de rôder nos morceaux, de les apprécier davantage, ou au contraire d'en délaisser certains.
En parallèle, on commence à bosser sur notre prochain CD que l'on souhaite sortir pour la rentrée 2005. Ce devrait être un maxi de 5 titres, nos cinq meilleurs titres du moment. Après « Des Mots, Des Rations. », notre CD de démonstration, on s'était mis en tête d'enregistrer un premier album. Finalement, on évolue tellement vite que l'on a peur que l'enregistrement d'un album de douze à quinze titres ne soit prématuré. Aujourd'hui, nos nouveaux titres et nos prestations « live » sont beaucoup plus énergiques que « Des Mots, Des Rations. » et c'est cette nouvelle énergie que l'on va chercher à faire passer sur notre prochain support.
Vos atouts, vos défauts ?
En ce qui me concerne il m'arrive d'être impulsive, cela vient sans doute du fait que je dorme beaucoup trop et finalement je suis souvent fatiguée, faut pas me bousculer en gros (rires). Alors suivant le contexte je m'énerve, et paradoxalement à d'autre moment je vais être super décontractée voir un peu trop, limite fainéante et sans avis sur rien du tout, joyeuse et laxiste.
Orel est un peu comme moi alors le plus malheureux dans l'histoire, c'est Ben puisqu'il doit supporter notre susceptibilité tranchante (rires). Orel peut paraître un peu froide mais elle a un coeur énorme, elle est rigolote et surprenante dans ses "craquage" passagers. Et voila, une fille à la batterie ça envoie du grain!
Ben quant à lui c'est THE bosseur ! Il gère beaucoup de choses dans le groupe notamment l'association, il a toujours de bonnes idées à nous soumettre et il nous booste en permanence, et il est jamais fatigué, toujours en activité!!
Bon sinon notre plus gros défaut à tous les trois s'appelle "Mario Kart" sur game cube. Il nous est arrivé de nous retrouver en retard à notre propre concert à cause d'une partie sans fin... voila tout est dit.
Je vais juste ajouter un petit détail d'importance, celui du poussin omniprésent, celui que l'on retrouve un peu partout dans les illustrations, il s'agit en réalité d'Alice, une fidèle amie qui s'occupe de nous sans relâche, qui nous fait la popote, le thé et qui nous demande si on a bien dormi. On se sent un peu assisté, mais sans elle, l'atmosphère de notre bulle serait différente...
Pour plus d'informations sur BLiZzAR B : http://blizzar-b.com/
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