Concert - Jean-Louis Murat
La gazette n°9 | 1er Mai 2005 | Lu 2153 fois | 0 Commentaire
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Jean-Louis Murat, musicien à part, se montre rarement dans les médias. Murat doit pourtant détenir le record de sortie d’albums en un minimum de temps. Présent surtout pour son public, il fait parti des artistes français qui donnent le plus de concerts dans l’année, (déjà 60 concerts environ… donnés depuis janvier 2005).
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« Suicidez-vous, le peuple est mort »…
Voilà comment j’ai connu Jean-Louis Murat. Un titre qui en a dérangé plus d’un en 1981, ne pouvait passer inaperçu. Un 45 tours qui comprenait 4 titres.
Suivront trois albums qui se feront discrets puis viendra « Cheyenne autumn » en 1989, on se souvient surtout de « L’ange déchu », « Si je devais manquer de toi »
Un concert au théâtre Edouard VII début avril 2005 me rappelle très vite ce que j’aime chez celui qui signe ses titres JLM Bergheaud (1)


Dans le quartier, comme à la porte du théâtre aucune affiche n’annonce le concert… il fera pourtant complet ce lundi soir !
Un public bien calme et bien discipliné attend sagement dehors l’ouverture des portes.
Exit les show à l’américaine, au placard la broderie superflus.
Ce soir nous aurons droit qu’à de la musique « faite maison ». Certains devraient en prendre de la graine, on ne citera pas de noms. Murat est accompagné de Stéphane Reynaud à la batterie et de Fred Jimenez à la basse, déjà présents sur plusieurs albums de l’artiste.

Concept original : le concert se déroule, à peu près jusqu’au rappel, en temps réel avec la diffusion d’un western en version original.
Murat amateur de cinéma : il a composé il y a quelques années la bande son d’un film, il a lui-même été acteur dans un film de Jacques Doillon « la vengeance d’une femme » en 1990 aux côtés d’Isabelle Huppert
Durant le concert, entre certains titres ou même pendant les intro ou les fins de titres, Jean-Louis Murat nous monte le son des dialogues et cela colle bien avec l’ambiance rustique des musiques, ça donne une nouvelle version aux titres et renforce le côté « authentique » comme les musiques de l’auteur, (oui aussi comme une certaine marque de jeans qu’on ne citera pas) !
Ma place me permettait de voir l’écran de contrôle sur lequel défilait le film. La première fois, certains spectateurs qui découvraient le concept de la tournée, se demandaient d’où venait cette musique de fond… Sacré Jean-Louis !!!


Nous avons été face au Jean-Louis Murat façon pochette du dernier album « MOCKBA » (2). On sent l’artiste qui se cache derrière ses titres, un brin agaçant au début. Cet aspect froid et ce manque de communication dérange, puis on s’y fait et finalement on accroche ; la recette fonctionne. Sur la pochette Jean-Louis a les yeux bandés, sur scène il a les yeux fermés ou le regard fuyant les spectateurs pendant trois quarts d’heure.
Si la scène n’est pas l’élément préféré de Jean-Louis Murat, il reste l’auteur de somptueux textes qu’on aime entendre « live », peu importe l’attitude.

Entre deux titres le public commence à bouger un peu, on ne saura pas si c’est pour pas s’endormir ou pour stimuler un Jean-Louis qu’on craint absent, un échange de plaisanteries avec des fans et nous apprendrons que les guitares de Jean-Louis Murat viennent de Bordeaux et que sa chemise vient de Clermont…no comment !
A partir de ce moment là on peut considérer qu’il y a un 2eme concert.
La dernière partie du concert a incontestablement plus de peps avec entre autre « l’au-delà », et de l’humour avec « L’almanach amoureux ».
Il interprète essentiellement des titres du dernier album, des titres accrocheurs (on se demande pourquoi on ne les entend pas davantage), des mélodies douces et des textes bien écrits… c’est exactement ce qu’il nous manque sur nos ondes…


Et si vous vous laissez dire par des langues de putes que Murat sur scène ça vaut pas le coup, dites leur que leur avis est faussé d’avoir sûrement trop assisté à des concerts d’artistes dont l’enrobage scénique masquait la qualité musicale défaillante.
Murat, aucune envie de nous en mettre plein la vue et pourtant on restera sur le cul.
Musicalement c’est très bon, après c’est sur… s’il y’en a qui voulaient le voir faire un triple salto arrière… on ne peut rien pour eux.







(1) Jean-Louis Murat, de son vrai nom : Jean-Louis Bergheaud.
(2) Moscou



http://www.jlmurat.com/