A la découverte des métiers…
La gazette n°2 | 1er Octobre 2004 | Lu 5311 fois
Ce mois-ci, explorons un métier peu courant mais galopant, celui de monitrice d’équitation. Qu’est ce ? Comment y arriver ? Sortons des sentiers traditionnels, il n’y a pas que les profs et les informaticiens dans la vie ! En selle, jeunes gens…
Monitrice d'équitation


Après avoir été dans une filière plutôt littéraire puisque j’ai tenté un baccalauréat A3 option théâtre, j’ai suivi des stages d’art dramatique dans une célèbre école privée parisienne pour enfin devenir…
Educateur sportif !!!
Après un parcours semé d’embûches, et jonché d’obstacles, c’est finalement la casquette de Monitrice d’équitation que je porte au quotidien depuis une dizaine d’années.

Voici les clefs de ce qu’on appelle un « métier passion ».

Il faut savoir qu'il y a 3 degrés dans l'enseignement du sport dans le privé. Le brevet d'état d'éducateur sportif option ACTIVITES EQUESTRES comporte donc 3 degrés :
BEES 1er degré (qui est en train d'être remplacé par le brevet professionnel) = monitorat
Qui permet d’encadrer, d’animer.

BEES 2ème degré = instructorat.
Qui permet d’enseigner, de perfectionner, de former.

BEES 3ème degré = professorat.
Qui permet l’encadrement de haut niveau et la recherche.

Les 3 niveaux se composent d'une partie théorique et d'une partie
spécifique.

Prenons l'exemple du 1er degré :
- la partie théorique (commune à tous les sports) qu'on appelle "tronc commun" se passe dans un CREPS (Centre Régional d'Education Physique et Sportif).
On y voit les matières suivantes:
droit, biologie, biomécanique, expression écrite, expression orale, communication, psycho/sociologie.
Au 2ème degré, d'autres matières viennent s'ajouter à celles-ci :
Comme la culture générale, la gestion/promotion des APS , la comptabilité, l’informatique et le multimédia.
Un test de sélection est organisé par chaque creps , car les places sont beaucoup moins nombreuses que le nombre de candidats.
(écrit et entretien oral) avant l'entrée en formation du tronc commun.

- la partie spécifique (équitation), formation en un ou deux ans (selon le niveau à l’entrée en formation et la formule choisie)
En un an c'est une formation payante, à plein temps (au moins 6 jours sur 7) dans un centre agréé (environ 330 euros par mois).
ou alors en formation où le stagiaire est rémunéré, en contrat de qualification (entre 70 et 80% du smic), en deux ans obligatoirement, en alternance dans 2 centres (un employeur et un formateur).

Pour le spécifique, il faut choisir une option parmi (entre autres) dressage, obstacle, concours complet, attelage, poney, horse ball, voltige etc...
Attention : tous les centres ne préparent pas à toutes les options, il faut donc choisir son centre en fonction de l'option choisie.
Attention : toutes les options n'offrent pas les mêmes chances une fois sur le marché du travail.
Il est possible de passer plusieurs options.

Deux semaines de sélection + dossier sont à prévoir avant l'entrée en
formation spécifique.
- une semaine de pré-qualification théorique
- une semaine de pré-qualification (inventaire des aptitudes équestres)
le niveau équestre minimum requis est le galop* 7, avec une expérience dans la compétition (même petite et à petit niveau), et une expérience dans l'animation est vivement conseillée (bénévolat dans un club etc..)

Il est préférable de passer le tronc commun avant d'entrer en spécifique.
Pour passer le tronc commun 3 possibilités:
- candidat libre (des cours de préparation sont disponibles au CNED)
- contrôle continu des connaissances (dans un creps déjà vu plus haut) ,voir dans chaque région le creps le plus proche de votre domicile.
- stage de 6 à 8 semaines intensives (creps).

Pour passer tous ces examens , il faut avoir :
- 18 ans minimum,
- l'AFPS (attestation de formation aux 1ers secours) obligatoire pour le spécifique surtout, le niveau baccalauréat minimum.
- une bonne connaissance du milieu équestre (élevage, toutes les disciplines, les diverses filières des métiers comme palfrenier soigneur, maréchal ferrant, vétérinaire équin etc...)
- permis B (quasi obligatoire vu les horaires de travail et les coins paumés où sont la plupart des centres équestres et les nombreux déplacements durant la fomation...),
- permis E (fortement conseillé) pour conduire vans et remorques.
- permis C (c’est un plus) pour conduire les chevaux lors des déplacements comme les sorties en concours etc..

Avant d’avoir l’âge ou le niveau requis pour passer un BEES/brevet professionnel, il est possible de passer:
- APB (animateur poney bénévole)dès 14 ans.
- BAP (brevet d'animateur poney) dès 18 ans.

Les avantages de ce métier…et bien c’est à l’appréciation de chacun. Pour ma part je dirais que ce qui m’a séduit c’est la rigueur de la discipline, ses traditions et ses valeurs:
- Travailler en extérieur. Mais attention cela implique de le faire 7j/7 et toutes les saisons.
- Des horaires différents chaque jour, car on dépend de l’activité, des saisons, du mode de vie des animaux, du rythme de la clientèle, des saisons de compétitions etc…
- L’autonomie de son poste, il faut organiser seul ses tâches, et avoir l’esprit d’initiative.
- Le contact avec la clientèle très diverse, très variée, très éclectique.
- C’est un métier très enrichissant, on cotoie bon nombre de professionnels auprès desquels on élargit nos connaissances (vétérinaires, maréchal, dentiste, ostéopathe, éleveurs spécialistes de chaque discipline) etc…
- On n'a pas l’occasion de se lasser car dans un club on touche à tout: du secrétariat, à l’entretien, aux soins des animaux, aux soins véto d’urgence, faire beaucoup de social avec sa clientèle, toujours s’adapter à ses besoins en terme d’activités, il faut avoir de nouvelles idées d’animations etc… , il faut tout faire dans un club…
- Il y a peu de chômage dans cette branche.

Les inconvénients de ce métier… encore une fois c’est à l’appréciation personnelle, mais il est inévitable d'en parler:
- Du salaire… le milieu se réfère à une convention collective et il est difficile de négocier son salaire. C’est donc le SMIC imposé à tout les diplômés de BEES1° / brevet professionnel.
- Des horaires de travail difficilement prévisibles.
- Les 35 heures sont quasiment impossibles à appliquer et les 39 heures ne sont déjà réellement effectuées que dans les très grandes structures et les semaines creuses…..
- Il faut vivre en décalé de la moyenne, travailler comme la moyenne et mettre les bouchées doubles les week-ends , les vacances, les jours fériés.
- On monte peu à cheval pour son plaisir personnel par manque de temps.
- Peu de structures permettent à leurs enseignants de sortir en compétitions.
- C’est un milieu difficile moralement et physiquement, les méthodes tyranniques de certains employeurs « vieux- jeu » sont autant de facteurs décourageants qui font arrêter prématurément une carrière. Pour exemple, les conditions de travail et le mode de vie que cet emploi impose, la carrière d’une femme en moyenne dans ce milieu était de 6 ans en 1999.


Les idées reçues à bannir :
 Il faut être issu d’un milieu aisé pour pratiquer l’équitation, je suis la preuve vivante du contraire.
 On gagne bien sa vie dans tous les milieux du cheval, c’est malheureusement faux.
 On trouve plus facilement du travail dans cette voie en province qu’en région parisienne, c’est faux, c’est même exactement l’inverse.

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*Les "galops" sont les examens fédéraux, comme les étoiles au ski ou les différentes couleurs de ceintures au judo.
Ils sont au nombre de 9 au total ,de technicité croissante. Du 1er pour le débutant, au 9. (le 8 et 9 étant facultatifs car c'est davantage une spécialisation et la maîtrise d'une seule discipline ). Le 7 est le dernier de la "formation générale" et ouvre les portes des compétitions officielles.
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Voici un lien vers les creps d'Ile-de-France (il y a un creps par région)
http://www.creps-chatenay.jeunesse-sports.fr/

Le lien vers le site de la fédération française d'équitation
http://www.ffe.com/

Un lien intéressant sur le droit et la réglementation du sport en France
http://www.infosport.org/

Un lien sur les métiers du sport (sports en chiffres et offres d'emploi)
http://www.metier-sport.com/metiers_adresse/drjs.htm

Et la direction régionale de la jeunesse et des sports (inscriptions aux examens, renseignements et formations)
http://www.drdjs-centre.jeunesse-sports.gouv.fr/texte.php?ID2=68

http://gazette.ditaime.com/